Piratage du fisc : Lecornu préside une cellule de crise lundi
Piratage du fisc : Lecornu préside une cellule de crise lundi

Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera lundi après-midi une cellule interministérielle de crise (CIC) consacrée au piratage informatique d'ampleur qui a visé l'administration fiscale, touchant au moins 678 000 contribuables, a annoncé Matignon dimanche. Cette réunion se tiendra en visioconférence sécurisée, à son retour de Gironde où il se rend dans la matinée auprès des victimes des incendies historiques de l'été.

Une attaque d'une sophistication inédite

L'intrusion, qualifiée de « plus sophistiquée » que par le passé par la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a exposé des données personnelles sensibles pour les particuliers : noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, les données dérobées sont « moins sensibles », incluant notamment le numéro Siren et les adresses de l'entreprise et du mandataire.

Les services du Premier ministre ont rappelé dimanche la « doctrine constante » face à ces incidents : « détecter et interrompre, poursuivre, informer, renforcer ». Le parquet de Paris a ouvert samedi une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ».

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Information des victimes dès lundi

Les particuliers et entreprises concernés par cette intrusion doivent commencer à être informés individuellement à partir de lundi 17 août. Selon Matignon, « les usagers concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d'avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter ». Lecornu veut s'assurer, lors de la réunion avec les principaux ministères concernés, que cette opération d'information se déroule au mieux.

Un débat relancé sur la sécurité de l'État

L'ampleur du piratage relance les critiques politiques. Les sénateurs socialistes ont demandé dimanche une commission d'enquête parlementaire, évoquant une succession d'incidents qui ne permet pas « à ce stade de conclure à une défaillance structurelle » mais incite à vérifier l'existence de « vulnérabilités communes ». Selon Patrick Kanner, chef du groupe PS au Sénat, une telle commission pourrait « formuler les propositions législatives, réglementaires, organisationnelles et budgétaires nécessaires ».

Le candidat à la présidentielle des Républicains, Bruno Retailleau, a regretté sur X que la France soit « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques ». Il a appelé à « prendre la mesure de cette menace » et à mettre en place « un plan Vauban pour construire une véritable forteresse numérique et enfin protéger les données des Français ».

Matignon assure que la réunion de lundi permettra aussi de faire le point sur le plan de sécurisation cyber des administrations lancé le 30 avril, axé sur une « nouvelle gouvernance numérique de l'État » et un renforcement des moyens. Les services de Lecornu soulignent que « les administrations françaises sont, comme l'ensemble des grandes organisations publiques et privées en Europe, la cible d'attaques informatiques dont le nombre et la sophistication augmentent ; des attaques qualifiées de délits commis contre les Français et contre l'État ».

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