Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC) pour lundi 17 août 2026, qu'il présidera en « visioconférence sécurisée », afin de coordonner la réponse après le piratage informatique à grande échelle ayant visé l'administration fiscale. Cette réunion doit notamment préparer l'information des 678 000 particuliers ou entreprises victimes, dont l'accès aux données a été exposé, a annoncé Matignon dimanche.
Une réunion après le déplacement en Gironde
La réunion se tiendra dans l'après-midi, à l'issue du déplacement que Sébastien Lecornu et plusieurs ministres doivent effectuer en Gironde, frappée cet été par des incendies d'une ampleur historique. L'administration fiscale avait reconnu vendredi cette intrusion dans ses systèmes, révélant que près de 700 000 particuliers et professionnels en avaient été victimes, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Les services du Premier ministre ont rappelé dimanche la « doctrine constante » pour ce genre d'incidents : « détecter et interrompre, poursuivre, informer, renforcer ». Ils ont précisé que « l'incident révélé cette semaine a fait l'objet d'un dépôt de plainte et d'une enquête judiciaire est en cours. Une notification a été adressée à la CNIL, et les usagers concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d'avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter ».
Préparer la notification des victimes
La réunion de la CIC doit permettre de s'assurer que « cette notification est pleinement prête avant son déclenchement », ont ajouté les services du Premier ministre. Le parquet de Paris avait par ailleurs annoncé samedi l'ouverture d'une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ».
Cette réunion doit également permettre de faire le point sur la mise en œuvre d'un plan de sécurisation des administrations, lancé le 30 avril, qui s'articule autour d'une « nouvelle gouvernance numérique de l'État » et d'un renforcement des moyens.
Des préoccupations politiques
Plusieurs responsables politiques ont affiché leur préoccupation face à ce piratage. Les sénateurs socialistes ont demandé dimanche une commission d'enquête parlementaire, notant une succession d'incidents qui ne permet pas « à ce stade de conclure à une défaillance structurelle » mais incite à vérifier l'existence de « vulnérabilités communes ».
Candidat à la présidentielle du parti de droite Les Républicains, Bruno Retailleau a de son côté regretté sur X que la France soit « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques ». « Il faut prendre la mesure de cette menace, je veux mettre en place un Plan Vauban pour construire une véritable forteresse numérique et enfin protéger les données des Français », a-t-il écrit dimanche. Le format des CIC est celui que Sébastien Lecornu avait privilégié durant l'été pour la coordination de la gestion des canicules et des incendies.



