Perpétuité pour le meurtrier de sa compagne, son fils et sa belle-sœur
Perpétuité pour le triple meurtrier d'Amiens

Jugé devant la cour d’assises de la Somme, Jérôme D., 52 ans, a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. L’homme était poursuivi pour le meurtre de sa compagne Jennifer, de leur fils de trois ans et de sa belle-sœur Amélia. Des faits qu’il avait reconnus dès l’instruction.

Il a aussi été déclaré coupable de viols sur sa compagne, âgée de 26 ans au moment des faits, et sur sa sœur Amélia, 25 ans, ainsi que de la séquestration de cette dernière. Une peine conforme aux réquisitions du ministère public, face à une affaire d’une extrême gravité.

« C’est pas assez » : La colère de la famille

À l’annonce du verdict, l’émotion a explosé. « Vingt-deux ans, c’est pas assez », a réagi la mère des deux femmes. « C’est pas cher payé pour nous […]. Nous on paie le double voire le triple, perpétuité, on a pris à vie ». Après la décision, elle et un frère des victimes ont hurlé leur colère jusque dans la rue, dénonçant une justice insuffisante à leurs yeux. Une réaction que l’avocat de ce dernier, Stéphane Daquo, a tentée de replacer dans son contexte. « C’est la peine maximale » encourue par l’accusé, a-t-il rappelé, évoquant « la détresse, le stress de trois jours d’audience particulièrement lourde ».

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Les faits remontent à avril 2022 à Amiens. Jérôme D. a reconnu avoir d’abord tué sa compagne après une dispute. Le lendemain, il prépare le petit-déjeuner de leur fils avant de l’étouffer avec un oreiller. Deux crimes commis à 24 heures d’intervalle. Puis, selon l’avocat général, il tend « un véritable piège » à sa belle-sœur. Il l’attire par message dans l’appartement où se trouvent déjà les deux premiers corps. Il la séquestre pendant deux jours, la viole, avant de la tuer à son tour. Une succession d’actes décrits comme d’une rare violence.

« Violence infinie » et défense sous tension

Au procès, l’avocat général a dénoncé la « violence infinie » de l’accusé, allant jusqu’à « commettre l’irréparable, l’innommable : tuer un enfant, son propre enfant ». Pendant les débats, Me Stéphane Daquo a lui aussi frappé fort : « C’est un Attila du crime. Une fois qu’il est passé, plus rien ne doit repousser ». La défense, elle, a tenté de nuancer. « Oui, il a commis des actes monstrueux, mais c’est un homme […]. Un homme qui doit être au moins compris, pas excusé », a plaidé Me Houria Zanovello. Elle a insisté sur la bipolarité de son client, qui avait arrêté son traitement « au moins six mois » avant les faits et l’avait « remplacé » par l’alcool.

Après les meurtres, Jérôme D. a tenté de mettre fin à ses jours. Il achète une cloueuse électrique puis prend une surdose d’insuline. N’y parvenant pas, il provoque volontairement un accident de la route. Hospitalisé dans un état grave, il ne sera placé en garde à vue que deux semaines plus tard. Devant la cour, il a fini par s’exprimer : « Je voudrais demander pardon à la famille », a-t-il déclaré, reconnaissant que ses actes n’étaient « pas pardonnables ».

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