Permis de la plage Loulou à Ramatuelle annulé : régularisation impossible
Permis plage Loulou annulé : régularisation impossible

Le tribunal administratif de Toulon a une nouvelle fois annulé le permis de construire de l'établissement de plage Loulou, situé sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle. Dans son jugement rendu le 7 août 2026, la juridiction estime que la régularisation de cette autorisation est impossible, en raison d'un vice d'accès au lot T3D. Le maire de Ramatuelle et l'exploitant, la SAS Rama, disposent de deux mois pour faire appel.

Un feuilleton judiciaire sans fin

C'est la troisième fois que la justice retoque le permis de cet établissement. Après une première annulation en première instance le 22 mars 2022, confirmée en appel et par le Conseil d'État, la commune avait délivré un nouveau permis dit de « régularisation » le 28 février 2023. Ce dernier a été attaqué par les propriétaires voisins de la parcelle concédée et par l'association environnementale « Vivre dans la presqu'île de Saint-Tropez ».

Le jugement reprend les mêmes motifs que les décisions précédentes : le plan local d'urbanisme (PLU) en vigueur ne prévoit aucun accès permettant de desservir l'établissement. La société Rama, dont le projet de restaurant se trouve en retrait du domaine public maritime, ne peut pas emprunter le cordon dunaire pour accéder au lot. Ce vice existe depuis la conception du schéma d'aménagement.

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L'expropriation, une solution illusoire ?

Pour tenter de sauver leur projet, la municipalité et l'exploitant ont plaidé pour un sursis à statuer, arguant qu'une procédure d'expropriation en cours pourrait régulariser la situation. Une enquête publique sur la requalification du secteur Tamaris Nord s'est d'ailleurs déroulée entre août et septembre 2025. Mais les juges n'ont pas été convaincus par cette argumentation.

Cette stratégie soulève des questions sur les motivations réelles de la commune. En 2024, elle évoquait un « blocage foncier » pour justifier son projet de refonte de la plage de Pampelonne dans ce secteur, visant notamment l'expropriation des voisins gênants. Une expropriation qui aurait pour effet de légaliser l'existence du lot T3D, sans que l'on puisse invoquer un intérêt général lié au service public balnéaire.

Des intérêts privés et financiers en jeu

Derrière ce feuilleton judiciaire se cachent des enjeux économiques considérables. L'exploitant verse une redevance fixe de 800 000 euros par an à la commune, à laquelle s'ajoute une part variable liée au chiffre d'affaires. Le groupe Barrière détient 52 % des parts de la SAS Rama, qui exploite le lot sous l'enseigne Loulou.

Pour les opposants, cette affaire illustre la pression exercée par les intérêts privés sur le littoral. L'association « Vivre dans la presqu'île de Saint-Tropez » dénonce depuis le début une procédure visant à pérenniser une exploitation commerciale au détriment de l'environnement et du droit des propriétaires riverains.

La décision de la justice administrative est un revers pour la commune de Ramatuelle et l'exploitant. Elle confirme que la régularisation du permis est impossible en l'état actuel du PLU. Reste à savoir si les deux parties feront appel et si la procédure d'expropriation aboutira, ce qui pourrait relancer le débat.

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