Mardi 1er septembre, devant le dépôt du groupe Dewitte à Bezannes, près de Reims, deux salariés grévistes ont été percutés par un autocar conduit par le directeur de l'entreprise. Les deux victimes, un chauffeur de 45 ans et une ambulancière de 24 ans, ont été transportées au CHU de Reims en urgence relative. Le patron et un autre chauffeur ont été placés en garde à vue avant d'être remis en liberté.
Un piquet de grève qui tourne à l'affrontement
Selon les témoignages et les images rapportés par différents médias, le chef d'entreprise aurait pris le volant alors que les salariés bloquaient la sortie du dépôt. Le véhicule aurait alors percuté les deux grévistes. La grève, commencée la veille, a ainsi pris une tournure particulièrement tendue, transformant un simple piquet de grève en scène d'affrontement avec un autocar.
Jean-Marie Hommet, secrétaire CFDT transports à Reims, a réagi sur RMC : « Regardez la vitesse avec laquelle il arrive vers les salariés. Jamais on a vu un malade qui nous fonçait dessus, jamais. On va porter plainte et on va se constituer partie civile. »
Une phrase qui choque les témoins
Après les faits, une phrase attribuée au patron, prononcée alors qu'un salarié se trouvait au sol, a particulièrement marqué les témoins, selon France Info : « Le prochain, avant de bloquer mon entreprise, il y réfléchira à deux fois. » Les deux victimes affirment avoir été volontairement percutées.
Le patron et un autre chauffeur ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête, avant d'être remis en liberté. L'affaire doit désormais être éclaircie par les enquêteurs, notamment à partir des vidéos et des témoignages recueillis.
La justice devra déterminer l'intentionnalité
À ce stade, la justice devra déterminer précisément les circonstances et l'intentionnalité des faits. Le conflit social, qui a débuté la veille, a pris une tournure spectaculaire et violente, et les enquêteurs devront faire la lumière sur ces événements.



