OQTF : une mère de six enfants placée en rétention sans dire au revoir
OQTF : mère de six enfants placée en rétention

Une ressortissante marocaine domiciliée en Haute-Saône, mère de six enfants, a été placée en centre de rétention administrative en vue de son expulsion, sans avoir pu « dire au revoir » à ses enfants, a-t-on appris mardi auprès de son avocat, Me Florent Diaz.

Une interpellation qui suscite l'émotion

Les enfants, âgés de 21 mois à 17 ans, dont deux sont nés en France, sont restés avec leur père, chauffeur de poids lourds chez Stellantis à Vesoul, où il détient une carte de séjour en tant que salarié. La femme, âgée de 40 ans, est arrivée en France en août 2021 avec son mari de manière irrégulière, selon des documents consultés par l'AFP. Elle fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) depuis le refus en avril 2025 de la préfecture de Haute-Saône de lui accorder un titre de séjour.

Les circonstances du placement

Elle s'est présentée dimanche au commissariat pour pointer, a indiqué à l'AFP son avocat, confirmant une information de l'Est républicain. Mais « on lui a expliqué qu'elle allait être placée en rétention à Metz » et on l'a emmenée sans qu'elle puisse « dire au revoir à ses enfants », confie-t-il. Sollicitée par l'AFP, la préfecture de Haute-Saône a indiqué qu'« en l'absence de départ volontaire dans le délai imparti », la personne « a d'abord été assignée à résidence, avant d'être placée en rétention administrative le dimanche 9 août, en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement ».

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Un malaise à l'aéroport

Un juge des libertés et de la détention (JLD) devait se prononcer dans les 96 heures sur la légalité de son placement en détention, mais un vol avait été affrété dès lundi par l'administration pour l'expulser vers le Maroc, selon Me Diaz. La mère de famille a fait un malaise lundi sur le trajet de l'aéroport et n'a pas pris le vol prévu. Elle est retournée au centre de rétention. « Il faut espérer qu'elle puisse y demeurer jusqu'à ce que le JLD statue sur sa situation, qui est plutôt favorable », estime l'avocat.

Un recours en appel

Saisi par la mère de famille, le tribunal administratif de Besançon avait rejeté en février 2026 sa demande d'annulation de son OQTF. « Le tribunal a considéré que la cellule familiale pouvait se reconstituer au Maroc et que Madame, qui élève six enfants, n'était pas intégrée sur le marché du travail », précise l'avocat. « C'est faire fi de cinq ans d'intégration, du travail et du droit au séjour de son époux, de ses enfants scolarisés, avec de bons résultats scolaires, et qui ne posent aucune difficulté en termes d'ordre public », ajoute-t-il. Elle a fait appel devant la cour administrative d'appel de Nancy. La procédure est toujours en cours, mais n'est pas suspensive, précise son avocat.

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