Mende : le théâtre Register, de la barbarie à la culture
Mende : le théâtre Register, de la barbarie à la culture

À Mende, en Lozère, le théâtre Register, installé dans une ancienne salle de torture de la Gestapo, est devenu un lieu de culture et de mémoire. La compagnie du Lézard, qui l'occupe depuis 2021, y organise des spectacles, des répétitions et des stages, et lance un appel aux bénévoles pour soutenir ses activités.

Un lieu chargé d'histoire transformé en espace culturel

Le théâtre Register occupe le sous-sol de la villa Lyonnet, au 1 rue du Pré Claux à Mende. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Gestapo réquisitionne cette maison appartenant à l'architecte Lyonnet. Après les combats du 28 mai à la Parade, entre les forces allemandes et les maquisards de Bir-Hakeim, vingt-sept maquisards sont faits prisonniers et atrocement torturés dans ce sous-sol avant d'être abattus au ravin de la Tourette, sur la commune de Badaroux.

Environ 70 ans plus tard, Gérard Clavel, propriétaire du lieu, décide de créer l'association « Dans mon jardin j'ai rencontré… » afin de faire de cette maison un lieu de culture et non de barbarie. Il nomme le lieu Register, qui signifie « résister » en occitan. Il y accueille des artistes et des spectacles, mais le sous-sol reste inoccupé.

La compagnie du Lézard investit les lieux

La compagnie du Lézard, fondée en juin 2008 à Badaroux par David Garcia, a pour objet le développement de la personne à travers la pratique artistique. En 2021, Gérard Clavel propose à la compagnie une salle en sous-sol qu'il n'occupait pas. « Au départ, on n'utilisait que le bureau pour nos réunions et en octobre 2022, nous avons inauguré la grande salle à côté du bureau, que nous avons équipée avec l'aide des bénévoles », raconte Sébastien Bêche, président de la compagnie du Lézard.

En 2020, durant le Covid, l'idée d'y installer un « théâtre de poche » germe. Avec l'aide du conseil départemental, de la Région Occitanie et de nombreuses aides bénévoles, le lieu se transforme et devient le théâtre Register. D'une capacité d'environ trente-cinq personnes, il est désormais fonctionnel, avec système lumière, son, pendrillonnage et gradins.

Des activités variées et un appel aux bénévoles

La compagnie du Lézard installe ses bureaux au sous-sol, à côté de l'ancienne salle de torture. Des stages pour les enfants sont organisés pendant les vacances scolaires, sur une semaine, pour apprendre les joies du théâtre, avec un rendu proposé aux parents le vendredi. Tous les lundis, de 20 heures à 21 h 30, les adultes répètent pour le tournage d'un film. « Ce sera à nouveau sur la Seconde Guerre mondiale, un thème cher à David Garcia », souligne Sébastien Bêche.

Le théâtre recherche des bénévoles pour « gérer les coulisses du tournage, le catering des comédiens et des techniciens, la gestion des costumes et des accessoires, le script, la mise en place des décors et vérifier le bon déroulement des scènes ». Les répétitions sont gérées par David Garcia, directeur du théâtre, et Lucile Dupla. Sébastien Bêche est membre de la compagnie depuis 2019 : « J'ai toujours fait du théâtre depuis ma jeunesse. » Gilles Voinier est le trésorier et Mado Deshours, la secrétaire de l'association.