La mobilisation du 24 octobre a donné lieu à une journée contrastée en Occitanie, entre manifestations interdites, défilés autorisés et affrontements en fin de journée. À Montpellier, les autorités ont comptabilisé jusqu'à 6 300 manifestants, tandis que des heurts ont éclaté place de la Comédie en début de soirée. À Toulouse, entre 26 500 et 80 000 personnes ont défilé selon les sources citées par la Dépêche du Midi, et un jeune homme de 20 ans aurait été grièvement blessé à la main lors de la dispersion du cortège.
Des rassemblements autorisés et des actions symboliques
Le seul rassemblement autorisé en région s'est tenu à Béziers, encadré par la CGT et Solidaires. Environ 600 personnes ont défilé dans le calme et dans une ambiance festive. La ville est restée sous haute surveillance ensuite, par crainte de rassemblements de Gilets jaunes qui n'ont finalement pas eu lieu.
À Millau, une centaine de Gilets jaunes ont organisé dans la matinée une opération péage gratuit au niveau du viaduc, avant que plusieurs dizaines d'entre eux ne se rassemblent devant la gare et tentent de rejoindre la sous-préfecture malgré l'interdiction de manifester.
Des cortèges dans plusieurs villes de la région
À Rodez, un peu plus de 300 personnes ont répondu à l'appel de l'Acte II, selon Centre Presse. Sur leur itinéraire, ils ont notamment fait entendre leurs voix et revendications devant la préfecture, le Département et la mairie. À Alès, près de 700 manifestants se sont rassemblés devant l'hôtel de ville, sans heurts.
À Nîmes, alors que la préfète avait interdit tout rassemblement, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées à l'entrée des Jardins de la Fontaine pour exprimer « un ras-le-bol général ». La foule s'est dispersée tout au long de l'après-midi, un groupe choisissant de bloquer la circulation sur le boulevard périphérique entre le rond-point de la route d'Arles et le centre commercial des 7 Collines, où la situation s'est tendue avec les forces de l'ordre.
Des affrontements en fin de journée à Montpellier
À 18 heures, le calme était revenu à Nîmes, contrairement à Montpellier où les tensions étaient toujours importantes à la tombée de la nuit. Malgré l'interdiction de manifester, des rassemblements se sont formés dans l'après-midi. Un millier d'étudiants se sont retrouvés devant le campus Triolet et avaient prévu de rejoindre le centre commercial Odysseum. Le cortège a finalement été bloqué par les forces de l'ordre, et des affrontements ont commencé, tandis que la place de la Comédie se remplissait peu à peu.
Les deux cortèges ont tenté de se rejoindre et se sont étoffés tout au long de l'après-midi, jusqu'à 6 300 manifestants comptabilisés par les autorités avant que les groupes ne se disloquent de nouveau. Des attroupements ont rejoint la place de la Comédie, le commissariat, et le quartier Port Marianne. Place de la Comédie, de violents affrontements entre les CRS et les manifestants ont éclaté en début de soirée.
« Les forces de l'ordre ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui scandaient des slogans hostiles à la police et qui lançaient des projectiles en direction des forces de l'ordre », affirmait la préfecture de l'Hérault, hier soir, alors que 200 manifestants étaient encore sur place. Huit personnes ont été interpellées et les forces de l'ordre comptent deux blessés.
Des tensions également à Toulouse et Perpignan
À Toulouse, entre 26 500 et 80 000 personnes ont manifesté selon les sources citées par la Dépêche du Midi. La situation s'est tendue au moment de la dispersion du cortège, et un jeune homme de 20 ans aurait été grièvement blessé à la main, selon nos confrères.
À Perpignan, où des pillages avaient eu lieu la semaine dernière, 1 500 personnes se sont rassemblées malgré l'interdiction préfectorale. Un groupe de 500 manifestants a tenté de pénétrer dans le centre-ville et s'est opposé aux forces de l'ordre. 21 personnes ont été interpellées, et quatre ont été placées en garde à vue.