Rumeur de manifestation à Cannes : la ville en alerte, aucun débordement
Rumeur de manifestation à Cannes : aucun débordement

La rumeur d'un rassemblement de 300 personnes devant la gare SNCF de Cannes, samedi 24 octobre à 14 heures, a provoqué une mobilisation sécuritaire exceptionnelle dans la cité des Festivals. Des commerces de la rue d'Antibes à la Croisette se sont barricadés, et un important dispositif de forces de l'ordre a été déployé. Aucun débordement n'a finalement été constaté.

Une rumeur liée à des polémiques récentes

La rumeur évoquait une mobilisation visant particulièrement la ville de David Lisnard, candidat à l'élection présidentielle, sur fond de récentes polémiques. « On nous a dit qu'il y avait un appel à tout casser à la suite de sa prise de tête avec une militante de LFI », commentait un habitant inquiet. Après les violences survenues le week-end dernier, notamment à Nice, la crainte de nouveaux débordements a gagné la ville.

Le maire de Cannes, David Lisnard, « particulièrement occupé et préoccupé par la sécurité », indiquait sur ses réseaux sociaux en milieu de matinée : « Nous recevons des informations contradictoires, identifions comme à chaque fois des messages sur les réseaux sociaux, des rumeurs circulent. Mais il n'y a aucune alerte spécifique des services spécialisés. » Il invitait les habitants à ne pas céder à la peur : « Malgré ce contexte incertain et malsain, continuons nos activités et à faire tourner la ville. »

Des commerces barricadés de la rue d'Antibes à la Croisette

Rue d'Antibes, principale artère commerçante de Cannes, les panneaux de bois ont fleuri devant les enseignes. Foot Locker, Orange, Fragonard… Une vingtaine de boutiques ont protégé leurs devantures. La fébrilité a gagné les commerces voisins : dans la matinée, employés et ouvriers s'affairaient encore à clouer des planches sur les vitrines. Jusque sur la Croisette, plusieurs enseignes de luxe ont pris les mêmes précautions, allant jusqu'à retirer les articles les plus précieux des présentoirs.

Si plusieurs boutiques sont restées ouvertes derrière leurs barricades, d'autres ont préféré baisser le rideau pour l'après-midi. Chez Uniqlo, inauguré jeudi, les clients se sont au contraire pressés dans les rayons. Des agents de sécurité étaient déjà mobilisés pour gérer l'affluence liée à l'ouverture. Une présence qui tombait à point nommé, reconnaissait-on sur place.

Un comité d'accueil impressionnant mais peu de manifestants

À 14 heures, tous les regards se sont braqués vers la gare SNCF, où le comité d'accueil était à la hauteur des craintes. Police nationale, municipale, gendarmerie, sûreté ferroviaire… Les forces de l'ordre ont montré les muscles, multipliant les contrôles à la descente des trains. Mais des 300 manifestants annoncés, aucune trace. Sur le parvis, une quinzaine de personnes se sont toutefois rassemblées avant de s'installer pacifiquement sur les marches. « Y a pas de manif ici, rien du tout à part des condés », pestait un jeune au téléphone.

« La situation est parfaitement calme sur l'ensemble de l'ouest du département. Nous sommes dans une situation de prévention », confirmait Christophe Haget, commissaire de Cannes, chargé de la sécurité sur le secteur ce week-end. Un poste de commandement commun réunissait également les services de l'État et de la Ville pour coordonner le dispositif. De quoi faire retomber la pression. Rue d'Antibes, chez Pandora, Nathalie hésitait encore, vers 15 heures, à remettre les bijoux en vitrine. « On a vidé les présentoirs vendredi soir et on a passé la matinée à stresser… finalement pour rien », confiait la vendeuse.