Nîmes : condamné pour violences après avoir été victime d'un coup de couteau
Nîmes : condamné pour violences après avoir été poignardé

Le 3 mai dernier, sur le parking du Burger King à Nîmes, un jeune homme de 20 ans a été pris en charge par les secours après avoir reçu un coup de couteau dans le dos. Mais au fil de l'enquête, il est passé du statut de victime à celui de prévenu. Jugé ce mercredi 1er juillet devant le tribunal correctionnel de Nîmes, il a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, pour violences commises à l'aide d'un couteau et d'un tesson de bouteille.

Une plainte qui se retourne contre le plaignant

Les faits se déroulent le 3 mai. Les services de police sont appelés pour des coups de couteau sur le parking du Burger King. Sur place, ils trouvent un homme blessé dans le dos par une arme blanche. Il dépose plainte. Mais quelques jours plus tard, les enquêteurs le rappellent et le placent en garde à vue. La raison : l'homme qui l'a agressé a également déposé plainte, affirmant avoir agi en légitime défense, après avoir été menacé et agressé en premier par le prévenu. Deux jours d'ITT lui ont été délivrés. Si le couteau n'a jamais été retrouvé, des débris de verre correspondant à la bouteille décrite ont été découverts sur les lieux, et une bouteille de la même marque a été trouvée dans la voiture du prévenu. Ces éléments ont conduit les enquêteurs à engager des poursuites.

Des versions contradictoires

À l'audience, le prévenu maintient sa version : "J'ai été blessé, j'ai porté plainte et je me suis retrouvé en prison. Il fait trois fois mon poids, je ne pouvais même pas me défendre." Il conteste la version de son voisin et se présente comme la vraie victime. Le président de l'audience le confronte alors aux déclarations d'autres résidents de leur immeuble, qui le décrivent comme agressif et menaçant. Le prévenu nuance : "C'est faux, je suis quelqu'un de poli, je leur dis toujours bonjour. Je leur porte même les courses."

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La défense plaide la relaxe

Me Laurence Bourgeon, représentant la victime absente, démonte cette position de "bon samaritain". "Mon client est traumatisé et il n'est pas le seul. Toute sa famille entière l'est", insiste-t-elle. Elle qualifie les déclarations du prévenu d'"ubuesques" et lui demande s'il ne présente pas d'antécédents psychiatriques. Elle réclame 1 000 euros au titre du préjudice moral. La procureure Emmanuelle Carniello est tout aussi tranchante : "Ce dossier, c'est deux versions qui s'opposent, pas de témoins, pas de vidéosurveillance. Mais est-ce que cela doit conduire à une relaxe, je ne crois pas." Elle requiert 18 mois de prison avec maintien en détention, l'interdiction de contact avec la victime et de paraître dans le quartier où elle réside.

Une condamnation controversée

La défense, représentée par Me Audrey Bonnel, reconnaît qu'il s'agit de parole contre parole, mais estime qu'aucun élément ne permet de donner plus de poids à la version de la victime. Selon elle, le casier judiciaire du prévenu – cinq mentions – est le seul argument ayant fait pencher la balance. "La suspicion ne fait pas preuve et la vraisemblance ne fait pas certitude. L'enquête n'a pas permis de dépasser le stade de l'hypothèse", plaide-t-elle. Elle demande la relaxe. Après délibéré, le tribunal condamne le prévenu à deux ans de prison, dont un an assorti du sursis probatoire, avec obligation d'indemniser la victime, interdiction de contact et de paraître au Clos d'Orville.

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