Nice-Matin dénonce l'agression d'une journaliste par un élu RN
Nice-Matin dénonce l'agression d'une journaliste par un élu

Le quotidien régional Nice-Matin a exprimé son soutien indéfectible à l'une de ses journalistes, victime d'une agression physique de la part d'Ugo Massi, conseiller municipal RN de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Les faits se sont produits mercredi 5 août, alors que la reporter couvrait un incendie sur une exploitation agricole au Val de Cagne.

Selon le directeur adjoint de la rédaction, Guilhem Ricavy, la journaliste a été bousculée, projetée au sol, et son téléphone lui a été arraché par l'élu, avant que des proches de ce dernier n'interviennent pour la sortir de la situation et lui restituer son appareil. Une plainte a été déposée.

Un reportage sur un incendie aux circonstances troublantes

La journaliste s'était rendue sur place après qu'un incendie a ravagé des serres. Sur les lieux, elle a constaté la présence de carcasses de voitures de luxe calcinées sous certaines serres, ainsi qu'une banderole indiquant une activité de garage. Elle était accompagnée d'une riveraine engagée dans le monde associatif.

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Le propriétaire du terrain les a d'abord prises à partie, puis son fils, Ugo Massi, également agriculteur sur l'exploitation et conseiller municipal délégué à la jeunesse, a agressé physiquement la journaliste. La rédaction de Nice-Matin a décidé d'écrire au maire RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, pour dénoncer ces faits.

La liberté de la presse en question

Dans un éditorial publié vendredi, Guilhem Ricavy a condamné fermement cette agression : « Nous ne pouvons cautionner cette agression. La rédaction apporte tout son soutien à la journaliste agressée. » Il a rappelé que la journaliste exerçait sa mission d'informer, un droit fondamental dans une démocratie.

Le maire Bryan Masson a réagi en appelant à « attendre sereinement » les conclusions de la justice, affirmant ne pas disposer « d'aucun élément objectif » sur les faits. Il a souligné que l'incendie avait frappé une famille d'agriculteurs, suscitant une émotion légitime, et a rappelé que les faits seraient intervenus dans le cadre de l'activité professionnelle de l'élu, non dans l'exercice de son mandat.

Réactions politiques et soutien à la presse

Le Parti communiste des Alpes-Maritimes a dénoncé dans un communiqué des agissements qui « révèlent le véritable visage de l'extrême droite lorsqu'elle exerce le pouvoir : celui de la brutalité, de la pression sur les contrepouvoirs et du mépris des principes républicains ».

Cet incident relance le débat sur la sécurité des journalistes et la liberté de la presse en France. Selon Reporters sans frontières, plus de 60 agressions de journalistes ont été recensées en France en 2025, un chiffre en hausse. La rédaction de Nice-Matin, elle, reste mobilisée pour défendre le droit d'informer, même dans les contextes les plus tendus.

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