Quatre jours après le drame, la famille de Kelyan, l'adolescent de 17 ans tué par son père à Nice, a décidé de briser le silence. Par la voix de son avocat, Me Paul Sollacaro, elle exprime sa « profonde meurtrissure » et sa « sidération » face à cet « assassinat innommable », tout en appelant « au respect et à la dignité » pour traverser cette épreuve. L'avocat précise que « viendra ensuite le temps de la justice et, à son terme, celui de la peine, qui devra être à la hauteur de l'horreur de l'acte commis ».
Un père qui a tué son fils pour se venger de sa femme
Lundi 3 août 2026, au cinquième étage de la résidence Les Étoiles, rue des Étoiles, dans le quartier de la Madeleine à Nice, Fabrice H., 59 ans, a ôté la vie à son fils Kelyan. Selon ses aveux, il a d'abord étouffé l'adolescent avec un coussin, puis l'a étranglé avec le câble d'un fer à repasser. Un geste qu'il qualifie de « désespéré », mais qui s'inscrit dans un contexte de séparation conjugale conflictuelle. Son épouse avait déposé plainte contre lui deux jours plus tôt pour violences conjugales et harcèlement.
Une mise en scène macabre et des photos envoyées à la famille
Après avoir commis l'irréparable, Fabrice H. a prévenu les autorités vers 15 heures, comme l'a indiqué le parquet de Nice. Il a ensuite envoyé à son épouse et à ses beaux-parents deux photos : l'une le montrant « allongé dans une housse blanche, torse nu et les yeux ouverts, avec des marques de lacération ensanglantées au niveau du cou », l'autre représentant « le visage d'un adolescent, les yeux fermés, allongé dans une housse similaire remontée jusqu'au cou ». Une mise en scène macabre qui a précédé l'arrivée des forces de l'ordre. Les policiers du Raid ont découvert la scène dans l'appartement, ainsi qu'une lettre dans la salle de bain, dans laquelle l'aide-soignant tentait d'expliquer son passage à l'acte, qu'il présentera plus tard comme un « coup de folie ».
Une garde à vue et une mise en examen pour assassinat
Fabrice H. s'est infligé une blessure, jugée plus impressionnante que grave par les médecins. Son état de santé a été déclaré compatible avec une garde à vue. Jeudi 6 août 2026, il a été mis en examen pour l'assassinat de son fils Kelyan et placé en détention provisoire, après une audience devant le juge des libertés et de la détention, à laquelle Nice-Matin a pu assister. Devant le magistrat instructeur, il est resté silencieux, affichant une « glaçante froideur ». En revanche, il s'est montré plus loquace avec le juge William Fezas, mais sans évoquer le moindre remords. Il a parlé de son couple formé dans les années 2000, de sa personnalité, de l'état de santé de son épouse, mais pas un mot sur son fils. Le juge a dû insister pour qu'il finisse par déclarer, de manière presque éhontée, qu'il avait fait « une grosse bêtise ». « C'est un crime ! » a répliqué William Fezas.
Un féminicide par procuration
Pour les enquêteurs, ce geste s'apparente à des violences vicariantes, voire à un féminicide par procuration. En tuant Kelyan, le fruit de leur amour, désormais unilatéral, Fabrice H. a infligé à la mère une souffrance extrême, la privant de ce qu'elle avait de plus cher. L'objectif était de la détruire psychologiquement et socialement, elle qui avait osé le quitter et porter plainte. L'enquête, confiée au SLPJ de Nice, se poursuit pour faire toute la lumière sur ce drame.
La famille appelle au respect et à la dignité
Dans ce contexte douloureux, la famille de Kelyan, par la voix de Me Paul Sollacaro, a tenu à s'exprimer. Elle se dit « profondément meurtrie et sidérée face à cet innommable assassinat » et demande « respect et dignité » pour traverser ce deuil. L'avocat a également souligné que « le temps de la justice » devra être suivi d'une peine « à la hauteur de l'horreur de l'acte commis ». Un message sobre, à l'image de la dignité affichée par cette famille éprouvée.



