Depuis quatre jours, Amira (le prénom a été modifié pour préserver son anonymat) dort à plus de 200 kilomètres de ses six enfants, au centre de rétention administrative (CRA) de Metz-Queuleu, en Moselle. Cette ressortissante marocaine de 40 ans, visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), a été interpellée dimanche 9 août alors qu'elle pointait au commissariat de Vesoul, préfecture de Haute-Saône où elle habite, ce qu'elle faisait quatre fois par semaine depuis son assignation à résidence depuis le 21 juillet. Deux heures plus tard, Amira était privée de liberté, « sans même avoir pu dire au revoir à ses enfants », âgés de 21 mois à 17 ans, et son mari, précise son avocat Me Florent Diaz.
Une course contre la montre pour éviter l'expulsion
Une course contre la montre s'engage : les autorités lui annoncent un vol rapide vers le Maroc, tandis qu'Amira espère pouvoir rencontrer le juge des libertés et de la détention (JLD) avant de décoller loin de sa famille. Lundi 10 août, un premier vol est affrété, mais la quadragénaire, qui fait un recours, n'a pas pu être embarquée. Me Diaz dénonce une procédure expéditive qui ne tient pas compte de la situation familiale de sa cliente.
Une mère « paniquée » face à la menace d'un renvoi
« Elle est paniquée », confie l'avocat, décrivant une femme épuisée et désemparée, séparée brutalement de ses enfants, dont le plus jeune n'a que 21 mois. Son mari, resté en Haute-Saône, s'occupe seul des six enfants, une charge qu'il assume difficilement. La famille, installée en France depuis plusieurs années, avait obtenu une assignation à résidence en attendant l'examen de sa situation.
Un recours devant le juge des libertés
L'avocat a saisi le juge des libertés et de la détention pour contester la mesure de rétention. Il espère que le juge prendra en compte l'intérêt supérieur des enfants, comme le prévoit le droit international. En attendant, Amira reste au CRA de Metz-Queuleu, dans l'attente d'une décision qui pourrait sceller son sort. Selon Me Diaz, une nouvelle tentative d'embarquement pourrait avoir lieu dans les prochains jours si la rétention est maintenue.



