Mort de Louisette, 93 ans, d'hyperthermie : le bailleur pointé du doigt
Mort de Louisette, 93 ans, d'hyperthermie : le bailleur pointé

Louisette Rivalain, une aide-soignante à la retraite de 93 ans, est décédée d'hyperthermie le 30 juin 2026 dans son studio au septième étage d'une résidence à Sceaux (Hauts-de-Seine). La veille, le 29 juin, elle avait été découverte inanimée par Odile Sant, la fille de son ancienne voisine, qui a forcé la porte de son appartement. Les secours n'ont pas pu la ranimer. Selon le rapport médical, elle souffrait d'hyperthermie, un trouble de la thermorégulation survenant lorsque le corps ne parvient pas à évacuer la chaleur.

Des volets enlevés et jamais remis

Louisette Rivalain vivait depuis près d'un an sans volets, retirés dans le cadre de travaux de rénovation thermique de son immeuble, rapporte Le Parisien. Malgré une prescription médicale pour installer des volets, ceux-ci n'ont jamais été remis. Odile Sant, qui a retrouvé la nonagénaire, avait envoyé de nombreux courriers et relances au bailleur Sceaux Bourg-la-Reine, sans obtenir de réponse. Quelques jours avant le décès, un simple rideau décoratif avait été installé, offrant une protection insuffisante contre le soleil. Le jour du drame, le thermomètre dans l'appartement affichait 34 °C.

Un décès évitable selon les associations

La mairie de Sceaux, dirigée par le maire UDI Philippe Laurent, également président-directeur général du bailleur, a présenté ses condoléances. Dans un communiqué, elle affirme que Louisette Rivalain était inscrite au registre des personnes vulnérables et que des visites et propositions d'accueil dans des espaces fraîcheur lui ont été faites, mais qu'elle refusait souvent l'aide en raison de son autonomie. Les associations CSF Robinson et SOS Robinson, présentes devant l'immeuble mardi, dénoncent la responsabilité du maire et du bailleur, estimant que rien n'a été fait pour améliorer la situation.

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L'émotion jusqu'à l'Assemblée nationale

Ce drame a suscité une vive émotion politique. Le député insoumis Thomas Portes a exprimé sa colère sur X : « La rage. Louisette Rivalain, 93 ans, morte de chaleur dans son appartement à Sceaux, car le bailleur avait retiré les volets pour des travaux. Elle avait alerté, y compris la mairie, elle avait une prescription médicale. Personne n'a rien fait. Cela ne devrait jamais arriver. » Le député François Piquemal a également réagi en déposant une proposition de loi mardi à l'Assemblée nationale, dénonçant l'insuffisance des politiques d'adaptation au réchauffement climatique. Le texte prévoit que tout logement dispose de stores, de volets en bois, de possibilité de ventilation nocturne et de brasseurs d'air, et autorise un locataire à suspendre le paiement de son loyer tant que ces mesures ne sont pas prises. Parallèlement, le Sénat examine cette semaine le projet de loi du gouvernement sur la relance du logement, qui facilite l'installation de volets ou de climatiseurs.

Un contexte caniculaire meurtrier

Ce décès survient dans un contexte de canicule intense. En juin 2026, Santé publique France a enregistré plus de 2 000 décès supplémentaires liés à la chaleur. Un troisième épisode caniculaire frappe actuellement l'Hexagone et devrait persister au moins jusqu'au 14 juillet, selon Météo France. Le 29 juin, le département des Hauts-de-Seine sortait à peine de la vigilance rouge canicule. Louisette Rivalain fait partie des victimes de cette vague de chaleur meurtrière.

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