L'écrivain Michel Houellebecq a suscité une vive polémique en déclarant, dans un entretien au Point, que l'aide active à mourir relève d'un calcul économique cynique. Selon lui, « un mourant coûte, un mort ne coûte rien », une formule choc qui résume sa vision de la légalisation de l'euthanasie.
Une provocation assumée
Dans cet entretien, Houellebecq explique que les débats sur la fin de vie sont souvent biaisés par des considérations financières. Il affirme que les soins palliatifs et l'accompagnement des personnes en fin de vie représentent un coût important pour la société, tandis que la mort rapide permise par l'euthanasie permettrait des économies substantielles. « C'est une réalité que personne ne veut regarder en face », a-t-il déclaré.
L'écrivain, connu pour ses positions provocatrices, ne cache pas son mépris pour ce qu'il appelle l'« hypocrisie » du débat public. Il estime que les opposants à l'euthanasie sont souvent motivés par des croyances religieuses ou des principes moraux qui ne tiennent pas compte de la souffrance des patients et du coût pour la collectivité.
Réactions indignées
Les propos de Houellebecq ont immédiatement suscité de vives réactions. De nombreuses associations de soins palliatifs et de défense des droits des patients ont dénoncé une vision « cynique et réductrice » de la fin de vie. Le docteur Jean-Pierre, président de l'Association pour le développement des soins palliatifs, a déclaré : « Réduire la question de la fin de vie à un calcul économique est profondément choquant et déshumanisant. Les soins palliatifs ne sont pas une dépense inutile, mais un accompagnement essentiel. »
Du côté politique, plusieurs élus ont également condamné ces propos. La ministre de la Santé a rappelé que le gouvernement travaillait à une loi sur la fin de vie qui respecte à la fois la liberté de choix des patients et la nécessité de garantir des soins de qualité. « La dignité humaine n'a pas de prix », a-t-elle insisté.
Un débat récurrent
La question de l'aide active à mourir divise profondément la société française. Alors que le président Emmanuel Macron avait promis une loi sur la fin de vie, le projet a été repoussé à plusieurs reprises. Un récent sondage indique que 85 % des Français sont favorables à une légalisation de l'euthanasie, mais les oppositions restent fortes, notamment de la part des religions et de certains professionnels de santé.
Houellebecq, en abordant le sujet sous l'angle économique, a relancé le débat de manière polémique. Ses détracteurs l'accusent de faire preuve de « provocation gratuite », tandis que ses partisans saluent son courage de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Un écrivain habitué des controverses
Michel Houellebecq n'en est pas à sa première déclaration choc. L'auteur de Soumission et Les Particules élémentaires a souvent été au centre de polémiques pour ses positions sur l'islam, le libéralisme ou la sexualité. Cette fois, c'est la question de la mort qui lui permet de provoquer une nouvelle fois l'opinion.
Reste à savoir si ses propos influenceront le débat parlementaire à venir. Le gouvernement a promis de présenter un projet de loi sur la fin de vie d'ici la fin de l'année, mais les divergences au sein de la majorité et de l'opposition rendent l'issue incertaine.



