Au lendemain de l'annonce de la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2027, Bruno Retailleau a immédiatement réorienté sa stratégie d'attaque. Le président des Républicains, invité du journal de 20 heures de France 2 le 8 juillet 2026, a clairement désigné la cheffe de file du Rassemblement national comme sa principale adversaire, écartant l'hypothèse d'un duel face à Jordan Bardella.
Une offensive sur le terrain économique
Plutôt que de se concentrer sur les questions régaliennes, Bruno Retailleau a choisi de cibler le programme économique de Marine Le Pen. Selon les informations du Monde, il lui reproche notamment son opposition à plusieurs réformes défendues par la droite, telles que celles des retraites, de l'assurance chômage ou encore le renforcement des obligations des bénéficiaires du RSA. L'objectif est clair : présenter la candidate du RN comme une défenseure d'un modèle jugé trop interventionniste, afin de marquer une différence nette avec le projet porté par Les Républicains.
Une adversaire jugée plus difficile que Jordan Bardella
En interne, plusieurs responsables LR considèrent que Marine Le Pen représente un adversaire plus solide que Jordan Bardella. Si ce dernier avait réussi à séduire une partie des électeurs de droite et des milieux économiques, la double finaliste de la présidentielle est perçue comme une figure politique plus expérimentée. Toujours selon Le Monde, plusieurs cadres du parti estiment que la candidature de Le Pen permet à Bruno Retailleau de revendiquer plus facilement son statut de représentant de la droite classique, d'autant que Marine Le Pen affirme régulièrement ne pas appartenir à cette famille politique.
Le RN accusé de changer de ligne
Les Républicains comptent également exploiter les évolutions du programme du RN au fil des années. Plusieurs responsables du parti pointent les changements de position de Marine Le Pen sur des sujets comme l'euro, le Frexit, les retraites ou encore le nucléaire, qu'ils présentent comme des revirements destinés à élargir son électorat. Enfin, certains élus LR rappellent que la candidature de Marine Le Pen intervient alors qu'elle reste condamnée dans l'affaire des assistants parlementaires européens, une décision contre laquelle elle a annoncé se pourvoir en cassation. Bruno Retailleau a toutefois choisi de ne pas faire de cet aspect le cœur de son argumentaire, préférant recentrer le débat sur les projets défendus par les deux formations.



