Au dernier jour du procès de la mort d'Agnès Lassalle, professeure d'espagnol poignardée en 2023 dans un lycée de Saint-Jean-de-Luz, l'avocat général a requis seize ans de réclusion criminelle contre l'élève de 16 ans au moment des faits. Ce dernier est jugé pour assassinat devant la cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques.
Des réquisitions fermes
L'avocat général a estimé que l'acte était « d'une violence inouïe », commis avec préméditation. Il a souligné que l'adolescent, aujourd'hui âgé de 18 ans, avait préparé son geste en se procurant une arme blanche et en choisissant le moment où la professeure était seule dans sa salle de classe. Les réquisitions sont conformes à la peine encourue pour un mineur de plus de 16 ans en matière criminelle.
La défense plaide la pathologie mentale
Les avocats de la défense ont plaidé l'irresponsabilité pénale, invoquant des troubles psychiatriques sévères. Selon eux, l'adolescent souffrait d'une décompensation schizophrénique au moment des faits, ce qui aurait altéré son discernement. Une expertise psychiatrique a été au cœur des débats, les experts divergent sur la réalité du trouble. La défense demande une peine plus clémente ou une hospitalisation d'office.
Un procès sous tension
Le procès, qui s'est tenu à huis clos en raison de la minorité de l'accusé au moment des faits, a été marqué par l'émotion. La famille d'Agnès Lassalle, présente chaque jour, a exprimé son souhait de voir reconnaître la préméditation. L'établissement scolaire, où un hommage avait été rendu à la professeure, reste marqué par ce drame. Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.
L'affaire avait suscité une vive émotion dans tout le pays, ravivant le débat sur la sécurité dans les établissements scolaires et la prise en charge des troubles psychiques chez les adolescents. Le ministère de l'Éducation nationale avait alors annoncé des mesures de prévention, mais sans parvenir à endiguer les violences en milieu scolaire.



