Un nouveau procès criminel s'ouvre ce mardi 30 juin 2026 à Monaco. Rocco Emilio Tramontana, un Italien de 64 ans, comparaît devant le tribunal criminel pour « tentatives de meurtre » et « menaces de mort sans ordre ni condition ». Les faits remontent au 8 août 2023, au restaurant L'Estragon, rue Émile de Loth, dans le quartier de Monaco-Ville.
Les faits : une agression au couteau en pleine service
Le 8 août 2023, vers 12 h 15, alors que le service du déjeuner débute, un différend éclate dans les cuisines du restaurant L'Estragon (aujourd'hui fermé). Rocco Emilio Tramontana, cuisinier de profession, assène soudainement un coup de couteau à l'abdomen d'un collègue plongeur sénégalais de 56 ans, le blessant grièvement. Armé de l'arme blanche, il tente ensuite de s'en prendre à une autre employée, une cuisinière italo-colombienne de 61 ans, avec qui il aurait eu une liaison pendant quelques mois. Cette dernière parvient à fuir et se réfugie dans le restaurant Pinocchio, situé juste en face. Tramontana est maîtrisé par des employés de cet établissement, puis interpellé par un carabinier et un policier. Placé en garde à vue dans les locaux de la Sûreté publique, il est inculpé deux jours plus tard par un juge d'instruction monégasque.
Pronostic vital engagé pour la victime
Le plongeur sénégalais, transporté au Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), a vu son pronostic vital un temps engagé. Aujourd'hui remis sur pied, il sera présent au procès en tant que partie civile, défendu par Me Armand Anave (barreau de Nice). Il espère obtenir une réponse à la question qui le hante depuis près de trois ans : « Pourquoi ? » Quant à la cuisinière italo-colombienne, non représentée par un avocat, on ignore si elle témoignera pour éclairer le tribunal sur sa relation passée avec l'accusé.
Une vingtaine de témoins cités
Le procès, qui se déroule jusqu'à ce vendredi 3 juillet 2026, permettra aux trois magistrats et trois jurés populaires d'approfondir le contexte professionnel et personnel de cette affaire. Outre les experts habituels (directeur d'enquête, expert médico-légal, psychologues et psychiatres), une vingtaine de témoins déposeront à la barre pour décrire les faits ou livrer des éléments sur la personnalité de l'accusé et des parties civiles. Rocco Emilio Tramontana, assisté de Me Christophe Sosso, encourt jusqu'à 20 années de réclusion criminelle. S'il a reconnu les faits durant l'instruction, il a peiné à expliquer les raisons de son passage à l'acte, évoquant notamment un « black-out ». La question de l'intention homicide sera au cœur des débats.



