Le rappeur Moha La Squale, de son vrai nom Mohamed B., comparaît depuis lundi 7 août devant le tribunal correctionnel de Paris pour des violences présumées sur deux anciennes compagnes. Les faits, qui se seraient déroulés entre 2017 et 2021, sont qualifiés de violences habituelles par des conjoints ou ex-conjoints. Le parquet a requis une peine de 18 mois de prison, dont 12 mois avec sursis.
Des violences dénoncées par deux ex-compagnes
Les deux victimes, âgées de 23 et 25 ans au moment des faits, ont déposé plainte en 2021. Elles décrivent des épisodes de violences physiques et psychologiques répétés, sur fond de jalousie et de contrôle. L'une d'elles a notamment rapporté des coups, des tentatives d'étranglement et des menaces de mort. L'autre a évoqué des insultes, des humiliations et des pressions psychologiques.
Selon l'enquête, les violences se seraient intensifiées au fil des années, jusqu'à ce que les victimes trouvent le courage de porter plainte. Le rappeur, âgé de 30 ans, a été placé en garde à vue en juin 2021 puis mis en examen. Il conteste les faits, affirmant que les relations étaient consenties et que les accusations sont infondées.
Un procès très attendu dans le milieu du rap
Ce procès suscite un vif intérêt dans le milieu du rap français, où Moha La Squale est une figure montante. Révélé en 2018 avec son titre « Ma belle », il a enchaîné les collaborations avec des artistes de renom. Son premier album, « Prolifique », sorti en 2020, a été certifié disque d'or. Il compte plus de 500 000 abonnés sur les réseaux sociaux.
L'affaire a également relancé le débat sur les violences faites aux femmes dans l'industrie musicale. Plusieurs associations féministes se sont constituées partie civile, dénonçant une culture du silence qui entoure ces pratiques. « Il est essentiel que la justice traite ces affaires avec la plus grande sévérité, afin d'envoyer un signal fort à toutes les victimes », a déclaré Me Sophie Renard, avocate d'une des plaignantes.
Un procès qui s'annonce sous haute tension
L'audience, prévue pour durer trois jours, s'est ouverte dans une atmosphère tendue. Une cinquantaine de personnes, dont des militantes féministes, se sont rassemblées devant le tribunal pour soutenir les victimes. Des banderoles réclamaient « justice pour les femmes ».
À l'intérieur de la salle d'audience, les avocats de la défense ont plaidé pour une relaxe, estimant que les preuves étaient insuffisantes. Ils ont notamment contesté la fiabilité des témoignages, évoquant des contradictions dans les récits. « Mon client conteste formellement les faits. Il s'agit d'une relation complexe, avec des hauts et des bas, mais jamais de violences », a affirmé Me Karim Achoui, avocat du rappeur.
Des précédents judiciaires pour le rappeur
Ce n'est pas la première fois que Moha La Squale est confronté à la justice. En 2019, il avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour des violences sur un homme dans une boîte de nuit. Il a également été mis en cause dans une affaire de séquestration en 2020, mais les charges ont été abandonnées faute de preuves.
Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, les violences conjugales ont augmenté de 20 % en France entre 2020 et 2021. En 2021, 143 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Ces chiffres soulignent l'importance de ce type de procès, qui vise à briser l'omerta et à protéger les victimes.
Un verdict attendu à la fin de la semaine
Le tribunal rendra son délibéré vendredi 11 août. Si le rappeur est reconnu coupable, il encourt jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende, en raison de la circonstance aggravante de récidive légale. Il devra également verser des dommages et intérêts aux victimes.
En attendant, Moha La Squale reste libre sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'entrer en contact avec les plaignantes. Son avocat a annoncé qu'il ferait appel en cas de condamnation. Les associations féministes, elles, espèrent que ce procès marquera un tournant dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le milieu artistique.



