Quatre personnes ont été mises en examen dans le cadre d'une enquête visant l'association Les Pelloux, gestionnaire d'un lieu de vie et d'accueil à Saint-Martin-de-Lansuscle, en Lozère. Jeudi 18 juin 2026, le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, a détaillé les premiers éléments d'une procédure portant notamment sur des soupçons d'abus de confiance, de travail dissimulé et de blanchiment aggravé de fraude fiscale.
Une enquête ouverte après un signalement des services fiscaux
Selon le magistrat, l'affaire trouve son origine dans un signalement transmis par la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) de la Lozère. Celui-ci faisait état d'un risque de détournement des fonds alloués à l'association. Une enquête préliminaire a alors été confiée au groupement de gendarmerie de la Lozère.
Toujours selon le parquet, les investigations ont permis de réunir des "indices graves et concordants", conduisant à l'ouverture d'une information judiciaire le 27 avril 2026. Lundi 15 juin, quatre personnes ont été interpellées lors d'une opération menée par la brigade de recherches de Mende sous l'autorité de la juge d'instruction chargée du dossier. Placées en garde à vue, elles ont été déférées mercredi 17 juin en vue de leur mise en examen et de leur placement sous contrôle judiciaire.
Un système présumé de fraudes sur plusieurs années
Valéry Morron affirme que le couple principalement visé aurait perçu directement plus d'un million d'euros provenant des financements attribués à la structure. Une société civile immobilière lui appartenant aurait également bénéficié de plus de 210 000 euros de versements indus. Le procureur ajoute que plus de 1,1 million d'euros de cotisations sociales auraient été éludées et qu'environ 520 000 euros de revenus auraient été dissimulés à l'administration fiscale.
À ce stade de la procédure, le produit présumé des infractions est évalué à plus de 2,1 millions d'euros. Craignant que les personnes mises en cause ne se séparent d'une partie de leur patrimoine avant leur jugement, la justice a procédé à d'importantes saisies. Près de 200 biens ont été recensés, dont quatre véhicules, des vélos électriques et de nombreux outils neufs.
Continuité de la prise en charge et précédent en Lozère
Afin d'assurer la continuité de la prise en charge au sein de l'établissement, le président du tribunal judiciaire de Mende a également été saisi en urgence pour désigner un mandataire judiciaire. Le procureur souligne enfin qu'il s'agit du second dossier de ce type en Lozère. Les dirigeants du lieu de vie Harmonie, géré par l'association Coup de pouce, doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Mende le 2 juillet dans une affaire distincte.



