Une militante du collectif Nemesis, connu pour ses actions contre le féminisme et les droits des personnes trans, a été condamnée le 3 juillet 2025 par le tribunal correctionnel de Besançon pour diffamation publique envers l'ancienne maire écologiste de la ville, Anne Vignot. La peine prononcée est de 1 500 euros d'amende avec sursis, assortie de l'obligation de publier un communiqué judiciaire sur les réseaux sociaux pendant un mois.
Des propos jugés diffamatoires
Les faits remontent à octobre 2024. Sur le compte Twitter du collectif Nemesis, un message avait été publié accusant Anne Vignot d'avoir « détourné des fonds publics pour financer des associations pro-migrants et pro-LGBT ». La militante, identifiée comme la gérante du compte, avait également relayé ces accusations dans une vidéo sur YouTube. Selon l'avocate de la plaignante, Me Sophie B., « ces allégations étaient totalement infondées et visaient à nuire à la réputation de Mme Vignot dans le cadre de sa campagne pour les élections municipales de 2026 ».
La défense invoque la liberté d'expression
Lors de l'audience, la prévenue a plaidé la liberté d'expression et affirmé que ses propos étaient basés sur des « informations publiques ». Le tribunal a toutefois estimé que les accusations étaient « gravement attentatoires à l'honneur et à la considération » de l'élue, et qu'elles ne reposaient sur aucun élément probant. Le jugement souligne que « la diffusion de telles allégations, sans vérification préalable, constitue un abus de la liberté d'expression ».
Une condamnation qui fait réagir
Anne Vignot, qui a quitté ses fonctions de maire en mars 2025 après avoir été battue aux élections, s'est dite « satisfaite de cette décision qui rappelle que la diffamation n'est pas une opinion ». Le collectif Nemesis a annoncé son intention de faire appel, dénonçant une « censure politique ». Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des discours anti-écologistes et anti-féministes sur les réseaux sociaux.
Les conséquences juridiques
Outre l'amende, la militante devra verser 1 euro de dommages et intérêts symboliques à Anne Vignot, ainsi que 2 000 euros au titre des frais de justice. Elle devra également publier le communiqué judiciaire sur les comptes du collectif pendant 30 jours, sous peine d'astreinte de 100 euros par jour de retard. Cette décision pourrait faire jurisprudence pour les cas de diffamation en ligne impliquant des élus locaux.



