Meurtre à Pontcarral : les témoins accablent Karim Lounici
Meurtre à Pontcarral : les témoins accablent l'accusé

Le 3 septembre 2022 à Toulon, Karim Lounici a abattu un agent d'entretien d'un tir dans la tête. Si l'accusé plaide désormais l'accident, ses anciens amis présents ce soir-là livrent une tout autre version.

Les faits

Captés hors champ par une caméra de vidéosurveillance d'un snack de la cité Pontcarral à Toulon, quatre coups de feu résonnent dans la nuit. Un silence de six secondes, puis un cinquième tir retentit. Celui de l'exécution de Fabien H., ce 3 septembre 2022 à 6h03, par Karim Lounici ? « D'après mon expérience, je le pense. C'est mon sentiment », livrait ce mardi la commandante de police judiciaire en charge de l'enquête à la cour d'assises du Var, à Draguignan.

Les témoignages accablants

Marouan K., alors à ses côtés au volant de la Citroën C3 de location, dit pourtant tout autre chose. Livide ce mercredi matin à la barre, le jeune homme explique avoir voulu rentrer chez lui « après avoir vu Karim exhiber une arme » devant un bar à chicha. « Sur le chemin du retour vers La Beaucaire, Karim a commencé à tirer le volant, à agiter son arme. Il voulait absolument aller à Pontcarral. Arrivé à hauteur d'un ralentisseur, il est sorti en courant alors que la voiture roulait encore. Quelques secondes plus tard, j'ai entendu des coups de feu. Je n'étais pas au courant de ce qu'il voulait faire. »

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« Tout excité » à son retour dans le véhicule, Karim aurait alors affirmé « ça y est, je l'ai fait. Et il s'est mis à rigoler. » « Le lendemain, il m'a dit avoir demandé à un homme où était ''Bach'' (Bechir C., connu des autorités pour trafic de stupéfiants, Ndlr), que le gars avait fait un geste et que, dans la panique, il lui avait tiré dessus. »

« Karim voulait en découdre avec Pontcarral », appuie, dans un autre style, Djibril N., le troisième homme présent cette nuit-là dans la C3. « C'est ce qu'il nous a dit après coup. Il s'est pris pour un baron de la cocaïne. »

Le mobile

Selon l'hypothèse des enquêteurs, Karim Lounici aurait souhaité, alcool aidant, se venger de Bechir C. Devant les policiers, ce dernier a reconnu avoir asséné « quelques tartes » à Karim deux ou trois ans auparavant. « Parce qu'il faisait partie des gens de La Beaucaire que je n'aimais pas et parce qu'il traînait avec des grands. Il fallait le remettre en place. » Autre théorie avancée, celle d'une relance d'une guerre entre les deux cités pour la prise de points de deal.

Après avoir longtemps éludé, Karim Lounici a concédé mardi à la présidente Emmanuelle de Rosa avoir « charbonné » à La Beaucaire. Deux jours après les faits, il était contrôlé à bord d'un véhicule avec 2.400 euros dans les poches...

La position de l'accusé

Après trois ans à nier les faits, Karim Lounici - jugé depuis lundi pour assassinat - a ainsi reconnu être l'auteur du tir mortel. Un accident selon lui. Certainement pas un assassinat. « Je n'ai jamais voulu tuer qui que ce soit, répète-t-il. Je voulais faire le kéké devant les copains. Ce soir-là, nous étions trois débiles dans la voiture. Et j'étais le plus gros. Je n'ai forcé personne à aller à Pontcarral, même si c'est moi qui ai tiré. L'arme était d'ailleurs déjà dans la voiture quand je suis monté dedans. »

Les réquisitions

« Quel que soit le motif de ce crime, il restera que Karim Lounici a tiré dans la tête d'un homme non armé qui ne présentait aucune menace, fustige Me Jean-Christophe Garry en partie civile. Puis il a pris la fuite. Ce n'est pas un drame de la fatalité. Mais un geste d'élimination. » Le verdict sera rendu ce jeudi à l'issue des réquisitions de l'avocate générale et de la plaidoirie en défense de Me Marie Seguin.

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