Le chauffard responsable de la mort de l'adjudant-chef Eric Comyn en août 2024 sera jugé devant la cour d'assises pour meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, a annoncé le maire de Mandelieu, Sébastien Leroy, lors de la cérémonie commémorative du deuxième anniversaire du drame, en présence de la veuve et des deux enfants du défunt.
Une annonce choc lors de la cérémonie commémorative
Le 26 août 2024 à 20 h 40, l'adjudant-chef Eric Comyn, gendarme du peloton motorisé autoroutier de Mandelieu, a été fauché par un chauffard récidiviste sur l'avenue Campon à Mougins, peu avant la bretelle d'accès à l'autoroute, suite à un refus d'obtempérer au volant d'une puissante BMW. Le maire de Mandelieu, Sébastien Leroy, a profité de la cérémonie commémorative pour révéler que l'auteur de ce drame serait jugé pour meurtre.
« L'auteur sera jugé pour meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, ça signifie que le Parquet a la certitude qu'il l'a vu, ne s'est pas arrêté, et a pris la fuite délibérément », a estimé l'élu Nouvelle Énergie.
Un procès attendu au premier trimestre 2027
Le mis en cause, un Cap-verdien d'une quarantaine d'années, était sous stupéfiants et en état d'alcoolémie au moment des faits. Il comptait déjà dix condamnations à son casier judiciaire. Placé en détention provisoire après son interpellation à Cannes, il devrait comparaître devant un jury populaire d'assises, peut-être durant le premier trimestre 2027, selon Harmonie Comyn, la veuve du défunt.
« J'essaie de m'armer en vue du procès, mais le moment venu, il y aura sans doute des accès émotionnels plus difficiles à gérer », a confié Harmonie Comyn, qui attend avec impatience et redoute à la fois cette confrontation judiciaire.
La colère persistante de la veuve et du maire
Harmonie Comyn, qui avait marqué les esprits en déclarant « La France a tué mon mari » pour dénoncer « le laxisme de l'État » à l'égard de ce type de délinquants routiers, n'entend pas baisser les bras. Elle a réaffirmé son état d'esprit deux ans après la disparition de son mari, décédé à l'âge de 54 ans : « J'éprouve beaucoup de tristesse car le manque est là. Mais je suis toujours en colère contre l'État, et en colère contre le meurtrier de mon époux. »
« Avec mon mari, nous étions très fusionnels, et nous avons des enfants incroyables. Ce sont eux qui ont été ma bouée », a-t-elle confié en retenant difficilement ses larmes. « Je croyais que j'étais leur pilier, mais je me suis rendu compte que c'étaient plutôt eux qui me portaient et non l'inverse. » Elle a tenu bon grâce à l'aide de ses deux enfants, Marie et Valentin, aujourd'hui âgés de 16 et 18 ans.
De son côté, Sébastien Leroy a dénoncé l'inaction des pouvoirs publics : « Comme d'habitude, il y a eu beaucoup de grands discours après ce drame qui n'aurait jamais dû arriver, mais ce sont toujours les mêmes formules sans effets et les mêmes projets de loi trop faibles. » Il a également salué le fait qu'« Harmonie Comyn a libéré la parole de ceux à qui on imposait le silence depuis longtemps, en leur expliquant que parler desservirait la cause du disparu et allait être politiquement instrumentalisé ». « Ce qui se passe dans ce pays est un déni du bon sens », a-t-il ajouté.
Des chiffres en hausse et un hommage renouvelé
Le maire a également précisé que les refus d'obtempérer ont encore progressé de 11 % en France, avec plus de 28 000 cas en 2025. Comme l'an dernier, l'hommage rendu à l'hôtel de police de Mandelieu, en présence de nombreux élus et collègues en uniformes du gendarme décédé, était aussi une façon de renouveler « la promesse que nous serons toujours à vos côtés ». La commune a également baptisé un rond-point au nom du défunt. Sur la place d'armes, son portrait était installé entre le drapeau tricolore et les armoiries de Mandelieu. Parce qu'au-delà des polémiques et du processus judiciaire enclenché, il ne faut jamais oublier Eric Comyn.



