Au lendemain des aveux du collégien de 15 ans soupçonné d’avoir tué Jacqueline, 86 ans, l’émotion est immense au collège privé Emmanuel d’Alzon, au Grau-du-Roi. Entre stupeur, inquiétude et besoin de comprendre, élèves, familles et personnels tentent de faire face à un drame qui dépasse l’entendement.
Une communauté éducative sous le choc
Devant les grilles du collège privé Emmanuel d’Alzon, ce jeudi 18 juin peu avant midi, les conversations se font discrètes. Depuis l’annonce des aveux d’un élève de troisième dans le meurtre d’une octogénaire au Grau-du-Roi, c’est toute une communauté éducative qui vacille. Par précaution, la direction comme les forces de l’ordre ont demandé que les élèves ne soient pas sollicités. Déjà éprouvés par les révélations qui se succèdent depuis vingt-quatre heures, ils font l’objet d’un accompagnement renforcé.
Devant l’établissement, Danielle, venue chercher sa petite-nièce, peine encore à trouver les mots. “On ne s’imagine pas qu’il puisse arriver une chose pareille du jour au lendemain”, souffle-t-elle. “Tout le monde est stupéfait.” Comme beaucoup, elle réalise soudain la proximité de cette affaire. “Je me dis que je l’ai peut-être croisé puisque je venais récupérer ma petite-nièce tous les jours.”
Un père de famille résume le sentiment général : “C’est un cas isolé, personne n’aurait pu prédire cela. J’en ai parlé avec mon petit mais c’est compliqué.”
Quinze professionnels mobilisés dans l’établissement
Dès les premières heures, le rectorat et la direction ont déclenché un important dispositif de soutien. Quinze professionnels – psychologues, psychiatres, médecins, infirmières et personnels spécialisés – ont été déployés au sein du collège. “Les enfants sont choqués, c’est un drame”, confie la direction. Sans commenter l’enquête en cours, l’établissement s’attache désormais à accompagner les élèves. “Cet acte a été commis, il faut maintenant avancer. Nous sommes accompagnés pour aider au mieux les enfants à se construire après ce drame.”
La classe du collégien concerné est suivie en priorité. Les familles ont été immédiatement informées par courrier. Une attention particulière est portée aux élèves de troisième, déjà mobilisés par la préparation du brevet. “Ses copains sont très lucides. Ils prennent vraiment conscience de ce qu’il s’est passé”, observe la direction. Ce mercredi, près d’une centaine d’élèves était absent. “Il faut du temps pour certains”, reconnaît-on.
Entre compassion et besoin de comprendre
Selon le collège, la mère du mineur aurait adressé un courrier à l’établissement. Elle y expliquerait que son fils était en larmes et pensait à ses camarades, prenant conscience qu’il ne les reverrait probablement pas avant longtemps. En attendant la sortie des élèves, les parents oscillent entre sidération et compassion.
“Ça nous a fait mal. On se met à la place des parents, ils doivent être dans un sale état”, confie Jean-Marc*. “Beaucoup de peine pour cette octogénaire, mais aussi pour l’enfant.”
Une mère d’un élève de sixième raconte avoir appris la nouvelle par mail : “Les enfants sont perturbés, ils ne comprennent pas trop. Il faut être vigilants sur tout ce qu’on lit sur les réseaux sociaux. C’est choquant de se dire qu’un enfant peut en arriver jusque-là.”
À côté d’elle, un père d’une élève de cinquième souligne lui aussi la proximité du choc : “Visuellement, ils se connaissent, ils se sont déjà parlé. Mais pour l’instant, nous n’en avons pas parlé en profondeur avec elle.”
Retrouver peu à peu le chemin de l’école
Tout au long de la journée, des temps d’échange ont été organisés avec les familles, en lien avec la préfecture, la Ville et les différents dispositifs d’écoute mis en place. Le maire du Grau-du-Roi, Charly Crespe, psychiatre de profession, s’est également rendu dans l’établissement afin d’échanger avec les enseignants et les équipes éducatives.
À la sortie des cours, beaucoup de parents n’attendent qu’une chose : entendre leurs enfants raconter ce qui s’est dit derrière les portes des salles de classe, les discussions avec les enseignants ou au sein des cellules d’écoute.
*Le prénom a été modifié.



