Jean Messiha, accusé d'avoir conservé 42 000 euros provenant d'une cagnotte en ligne destinée aux veuves des agents pénitentiaires tués lors de l'évasion de Mohamed Amra en mai 2024, a finalement restitué l'intégralité des fonds, ont annoncé les avocats des plaignantes ce jeudi.
Une restitution tardive mais effective
Selon un communiqué transmis à l'AFP, Me Matthieu Chirez, avocat de Sandrine Le Hay Moello, veuve de l'une des victimes, a déclaré : « Jean Messiha vient enfin de restituer les fonds aux veuves Moello et Garcia. » Il a regretté que cette restitution n'ait eu lieu qu'après une mise en cause pénale et médiatique, qualifiant la situation de « cynique » et soulignant que cela « n'affecte en rien la réalité de l'infraction pénale dénoncée ».
De son côté, Me Pauline Ragot, avocate de Mary Garcia, a estimé « extrêmement regrettable que ce versement n'intervienne qu'après l'annonce publique du dépôt d'une plainte pénale pour abus de confiance ». Elle a insisté sur le fait que les faits « demeurent parfaitement caractérisés et sont désormais entre les mains de l'autorité judiciaire ».
La version de Jean Messiha
L'avocat de Jean Messiha, Me Gérald Pandelon, a confirmé à l'AFP que son client avait « restitué effectivement l'intégralité de la somme de 42 000 euros » ce jeudi. Il a ajouté que M. Messiha avait pu s'expliquer sur les circonstances, affirmant qu'« il n'y avait aucun élément intentionnel ni désormais matériel, attaché à cette prétendue infraction d'abus de confiance ». Toutefois, il a déploré un « lynchage médiatique » en 48 heures et estimé que « la présomption d'innocence est de plus en plus malmenée dans notre pays ».
Des plaintes pour abus de confiance
Les deux veuves ont déposé plainte pour abus de confiance. Sandrine Le Hay Moello a saisi la justice le 21 mai à Paris, suivie par Mary Garcia qui s'est associée à cette plainte. Jean Messiha avait précédemment affirmé sur Facebook que la plateforme GoFundMe avait commis « une grave erreur due à des défaillances internes » et promis de reverser l'intégralité des fonds aux familles.
Cette affaire intervient dans le sillage de l'évasion spectaculaire de Mohamed Amra, qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires. Elle relance le débat sur la gestion des cagnottes en ligne et la responsabilité des personnes qui les administrent.



