Mehdi Laribi, chef présumé de la DZ Mafia, arrêté en Algérie
Mehdi Laribi, chef présumé de la DZ Mafia, arrêté en Algérie

Le 20 juillet, Mehdi Laribi, figure présumée de la DZ Mafia, a été interpellé en Algérie, puis placé sous contrôle judiciaire, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Cette arrestation, saluée par le ministre de la Justice français Gérald Darmanin, marque une avancée dans la lutte contre le narcotrafic, alors que Laribi était une « cible prioritaire » de la justice française.

Une arrestation attendue dans le cadre de l'enquête « Octopus »

Mehdi Laribi, connu sous le surnom de « Tic », était visé par un mandat d'arrêt émis dans le cadre de l'enquête « Octopus », menée par la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille. Il est poursuivi pour direction d'un groupement ayant pour objet le trafic de stupéfiants, trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment, a précisé le parquet de Marseille.

Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, s'est félicité sur franceinfo, qui a révélé l'information, de l'arrestation d'« un fondateur de la DZ Mafia », qui assumait un rôle « d'importateur » et de « logisticien ». L'organisation criminelle contrôle le trafic de drogue à Marseille et ses activités se sont étendues à d'autres villes de France.

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Une coopération franco-algérienne renforcée

Selon une convention signée entre la France et l'Algérie, aucun des deux pays n'extrade vers l'autre ses ressortissants. Le narcotrafiquant peut toutefois être poursuivi en Algérie si les autorités françaises le demandent. Gérald Darmanin a salué sur X : « Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée, a été interpellée en Algérie. Merci aux autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération en lien avec le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) et le parquet de Marseille ».

Ce geste intervient quelques mois après la visite à Alger, en mai, de Gérald Darmanin, qui souhaitait notamment aborder la lutte contre la DZ Mafia. Après des mois de crispations, une détente s'est amorcée entre les deux pays. La justice française a formulé une dizaine de demandes d'entraide visant des dirigeants de la DZ Mafia qui se trouveraient de l'autre côté de la Méditerranée.

Un lourd passé criminel

Mehdi Laribi a plongé dans la délinquance dès l'adolescence avant de devenir une figure du grand banditisme. Il avait fait une brève incursion dans le cinéma en jouant l'un des rôles de « Khamsa » (2008), un film de Karim Dridi racontant les 400 coups d'une bande de gamins de Marseille. « Tic » a de nombreuses mentions à son casier, dont une condamnation à dix ans de réclusion pour un triple assassinat en 2011, sur fond de guerre de la drogue. Il s'était chargé d'incendier la voiture dans laquelle les trois victimes avaient été abattues par son frère Lamine, surnommé « Tac », selon le mode opératoire dit du « barbecue marseillais ».

Sa cité d'origine, Bassens, dans les quartiers nord, a longtemps été l'un des plus importants points de stupéfiants de Marseille et passe pour le berceau de la DZ Mafia. Le nom de cette organisation a émergé en 2023, année d'un bain de sang lié notamment à la guerre l'opposant aux rivaux du clan Yoda.

Des activités diversifiées et une possible recomposition

Les activités de la DZ Mafia, sans hiérarchie structurée selon des sources policières, se sont « diversifiées » au-delà du trafic de drogue, avec des extorsions de commerces ou des « prestations de service » criminelles. En janvier, le nom de Laribi a refait surface dans sa cité d'origine, théâtre d'une opération d'intimidation diffusée sur les réseaux sociaux. Plusieurs hommes masqués avaient battu un jeune guetteur et l'opération avait été accompagnée d'une inscription traitant « Tic » de « balance ». Le tout signé de la mention « DZNG », soit DZ « nouvelle génération », laissant penser à une possible recomposition de l'organisation.

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Malgré plusieurs coups portés au clan, « la DZ mafia existe toujours » et reste « puissante », a mis en garde le procureur de Marseille, ajoutant : « Il y en a qui sont à l'extérieur et que nous devons encore arrêter ». Les investigations avaient conduit à un important coup de filet dans le sud de la France en mars, avec une quarantaine de personnes interpellées, dont 26 ont été inculpées. Autres patrons présumés de la DZ Mafia, Amine Oualane et Gabriel Ory, détenus et soupçonnés de piloter leurs activités criminelles depuis la prison, ont également été inculpés dans cette enquête.