À Nice, une centaine de personnes défile contre les violences policières
Marche à Nice contre les violences policières

À L'Ariane, quartier populaire de l'est de Nice, une centaine d'habitants, de responsables politiques et associatifs ont défilé ce dimanche dans le calme pour soutenir Sabri, un jeune homme de 22 ans tabassé par deux policiers de l'unité CRS 81 le 22 avril dernier. Les faits, survenus vers 5 heures du matin, ont été filmés par un voisin et largement diffusés sur le web. Les deux fonctionnaires, qui avaient bu et n'étaient pas en service, ont été placés sous contrôle judiciaire et comparaîtront le 1er juin devant le tribunal correctionnel.

Un cortège digne et pacifique

En tête du cortège, des militants associatifs et Geneviève Legay, victime de violences policières pendant la crise des gilets jaunes en 2019. Les manifestants ont crié leur rejet des violences policières, tout en insistant sur le fait qu'ils ne sont pas contre la police en général. Christian Masson du Mrap et du Collectif contre-attaque antiraciste a déclaré : "Nous ne sommes pas contre la police, mais ça dépend quelle police. Il faut le retour d'une police de proximité, qui fasse de la prévention, au plus près des jeunes, et pas que de la répression."

La trahison de la promesse républicaine

Maître Sefen Guez Guez, avocat de Sabri, a souligné : "Le cas de Sabri n'est pas un épiphénomène, il a été révélé parce qu'il a été filmé. Le cas de Sabri, c'est le cas de nous tous. Ce n'est pas un cas exceptionnel." Il a ajouté : "Au-delà de la véhémence des coups, ce qui m'a le plus profondément choqué, c'est la trahison que font ces hommes à la promesse républicaine que la police est là pour nous protéger." Nawel Boumehdi, militante associative, a pointé une fracture profonde : "Il faut travailler sur la rupture de confiance entre les citoyens de nos quartiers populaires et la police."

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Un important dispositif policier

Autour des protestataires, un important dispositif policier a été déployé pour sécuriser le cortège. Derrière les fenêtres, les habitants filment, encouragent, mais personne ne descend. "Ils ont peur", regrette une manifestante. Mireille Damiano, pour le collectif Viva !, analyse : "Les faits nous interrogent : quel sentiment d'impunité permet à des membres de force de l'ordre de se lâcher sans retenue ? Les dérapages et bavures se multiplient sans que les autorités ne condamnent ces dérives."

Des élus choqués

L'élu municipal socialiste Patrick Allemand s'est dit "extrêmement choqué par les faits" et s'est félicité d'une "vraie volonté des citoyens de s'unir pour que jamais cela ne se reproduise". L'Insoumis Olivier Salerno a exigé "la transparence totale sur les suites de l'enquête".

Un acte symbolique

Après une boucle, les manifestants sont retournés devant le commissariat et le casernement des CRS. Zohra de Droit au logement a lancé un acte symbolique : "Les deux CRS lui ont pris 100 euros, alors on va faire un truc rigolo." Muni de faux billets de 100 euros et de fausses barres chocolatées "Mars", le cortège a déposé ces objets devant le casernement, un trait d'humour pour masquer le désarroi. "Sans justice, pas de paix sociale", glisse un jeune homme.

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