Plus de 1 000 personnes, dont environ 300 militants identitaires, ont manifesté dimanche 28 juin à Narbonne (Aude) après le meurtre de Louis, un adolescent de 17 ans battu à mort lors d'un guet-apens le 19 juin. Le cortège, encadré par des CRS, est parti de l'hôtel de ville pour se diriger vers le chantier où le jeune a été tabassé, selon les informations de L'Indépendant et de Midi Libre avec l'AFP.
Un drame qui suscite la colère
Louis, placé dans un foyer de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), a été laissé agonisant après avoir été frappé par cinq jeunes qu'il connaissait. Les agresseurs ont diffusé les images du crime sur les réseaux sociaux. L'adolescent est décédé quatre jours plus tard à l'hôpital de Perpignan. Cinq jeunes, dont trois mineurs, ont été interpellés, mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire. Le procureur de Narbonne a précisé que le crime n'avait "aucun lien avec un motif d'ordre racial".
Un cortège sous haute tension
Guidés par des drapeaux français et scandant des slogans tels que "La France c'est nous", "Racaille partout, Justice nulle part" ou "Ni oubli, ni pardon", les manifestants – jeunes identitaires, membres de la "Ligue du midi" et habitants de Narbonne, Carcassonne et de la région – ont formé un cortège tendu. "Pardon Louis, d'avoir laissé ton nom s'ajouter à la liste de ceux qui ont été assassinés avec la complicité des autorités faiblardes et lâches", a lancé un organisateur au micro. La foule a également scandé "Darmanin, Nunez assassins !" avant d'entonner "Français réveille toi, tu es ici chez toi".
Refus de récupération politique par la famille
La famille de Louis avait refusé de s'associer à la marche pour éviter "toute récupération politique", comme l'a rappelé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui avait mis en garde samedi contre une "exploitation de l'extrême droite" de ce drame. Malgré cela, le rassemblement a été largement investi par des groupes identitaires, notamment "Furie", qui l'avaient appelé sur les réseaux sociaux sous la bannière "Justice pour tous".
Témoignages de participants
Parmi les marcheurs, Bryan, 19 ans, qui a été à l'école avec deux des agresseurs de Louis, portait un écriteau "Ni oubli, ni pardon". Michèle, 80 ans, et ses amies étaient venues soutenir "la famille du petit Louis" et se disaient "pour la peine de mort car la prison c'est trop doux". Un policier en civil, présent avec son épouse, a confié vouloir "que ça bouge dans les ministères".
La mère de Louis appelle à la guerre
Dans un entretien au Journal du Dimanche, la mère de Louis a exprimé sa colère : "Ce n'est pas le temps du deuil, c'est le temps de la guerre. Je veux qu'ils soient jugés comme des adultes. Je veux que Louis soit le dernier." Le mobile du guet-apens mortel n'est pas encore connu, a indiqué le procureur. Louis avait déjà été victime de deux agressions distinctes les 11 mai et 12 juin et avait déposé plainte pour l'une d'entre elles.
Dispersion après un recueillement
Après un cortège sous haute tension, la foule s'est dispersée après s'être recueillie devant un autel de fleurs dressé autour d'un lampadaire, à l'endroit même où Louis a été agressé. Quelques dizaines de CRS étaient déployés pour encadrer la manifestation.



