Le seul maire gitan de France clame son innocence après sa mise en examen pour viols
Maire gitan clame innocence pour viols sur mineures

Michel Soulès, 64 ans, le seul maire gitan de France, a crié son innocence ce mardi 5 mai devant la cour d’appel de Montpellier. Incarcéré depuis le 24 avril après sa réélection triomphale à Berriac, près de Carcassonne, il est mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés sur des jeunes filles de son entourage familial. « Je veux être propre, lavé de tout ça vis-à-vis de tout le monde ! J’ai été élu avec 86 % des voix, ça fait 17 ans que je suis maire, je ne veux pas qu’il y ait d’histoire aussi sordide que ça sur moi », a-t-il déclaré d’une voix forte, le visage marqué par huit jours de détention.

Des accusations graves de la part de deux jeunes femmes

L’une des plaignantes, aujourd’hui majeure, affirme que le 20 avril dernier, alors qu’elle se trouvait chez lui, il lui a glissé la main dans la culotte pendant qu’elle dormait, feignant de continuer à dormir lorsqu’elle s’est réveillée. Elle a également évoqué des gestes similaires subis à l’âge de neuf ans. Le même jour, une autre jeune fille de la famille a dénoncé des faits plus anciens, commis alors qu’elle avait entre 13 et 15 ans. Dans sa déposition lue à l’audience, elle a raconté : « Il s’est glissé sous la couette, il a commencé à me lécher en bas, il m’a déviergée, il a éjaculé en moi et il m’a dit que ce qu’il avait fait était normal. Ça s’est reproduit deux ou trois fois, il a arrêté quand j’avais 15 ans, j’ai compris que ce n’était pas normal et je ne suis plus allé chez lui. »

Le parquet demande le maintien en détention

L’avocat général a requis le maintien en détention, évoquant des « indices graves et concordants rendant vraisemblables sa participation aux faits », citant les dépositions des plaignantes et des « propos sexuels » rapportés par des témoins. La détention provisoire vise à éviter tout risque de pression sur les victimes et les témoins.

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Me Victor Font, avocat de Michel Soulès, a plaidé un conflit familial et dénoncé une instrumentalisation de la justice. « Tout a été fait pour diriger cet homme vers le box où il se trouve aujourd’hui », a-t-il affirmé. Soulignant que son client, fonctionnaire territorial depuis trente ans et au casier judiciaire vierge, est une figure locale respectée, seul maire issu de la communauté gitane.

Berriac, une commune à forte communauté gitane

Berriac, commune d’un millier d’habitants près de Carcassonne, s’est construite dans les années 1960 sur des terrains vagues sous une ligne à haute tension. Les gitans y ont bâti un quartier baptisé Cité de l’Espérance, et près de la moitié de la population est aujourd’hui gitane. Michel Soulès, apolitique revendiqué, se targue d’avoir lutté contre l’insécurité en installant 24 caméras de vidéosurveillance. Il est également chanteur et guitariste, très apprécié dans sa communauté.

La décision de la cour d’appel sera rendue jeudi 10 mai. En attendant, Michel Soulès reste incarcéré, clamant son innocence et dénonçant un cauchemar.

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