Un ancien chirurgien-dentiste de 67 ans comparaît depuis lundi 4 mai devant le tribunal correctionnel de Mende, en Lozère, pour des faits de mutilations dentaires commis sur des dizaines de patients entre 1995 et 2015. L'homme, qui exerçait dans une petite commune du département, est accusé d'avoir pratiqué des extractions inutiles, des dévitalisations abusives et des poses de prothèses inadaptées, causant des douleurs et des séquelles irréversibles à ses victimes.
Des années de souffrance pour les patients
Les faits ont été révélés en 2015, lorsqu'une patiente a porté plainte après avoir perdu plusieurs dents à la suite de soins jugés inappropriés. L'enquête a ensuite mis au jour un nombre impressionnant de plaintes : plus de 80 personnes se sont constituées partie civile, dénonçant des actes allant de l'extraction injustifiée à la pose de couronnes mal ajustées, en passant par des traitements de canal bâclés. Certains patients ont dû subir des interventions lourdes pour tenter de réparer les dégâts, parfois sans succès.
Un préjudice physique et psychologique
Au-delà des souffrances physiques, les victimes témoignent d'un profond traumatisme psychologique. "Je ne peux plus sourire, je cache ma bouche en permanence", confie une ancienne patiente. Beaucoup ont dû arrêter leur travail, notamment ceux dont l'activité professionnelle nécessitait une communication orale. Les avocats des parties civiles décrivent un "véritable massacre bucco-dentaire" et réclament des réparations à la hauteur du préjudice.
La défense conteste les accusations
L'ancien dentiste, qui a depuis cessé son activité, nie en bloc les accusations. Son avocat plaide la bonne foi et affirme que les soins pratiqués étaient conformes aux normes de l'époque. Il met en avant la difficulté de juger des actes médicaux anciens, les techniques ayant évolué. Le prévenu encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.
Un procès suivi de près par la profession
Ce dossier est suivi avec attention par l'Ordre des chirurgiens-dentistes, qui a déjà radié le praticien de son tableau. L'affaire soulève des questions sur le contrôle des actes dentaires en zone rurale, où les patients ont souvent peu de choix. Le procès doit durer deux semaines, et le verdict est attendu pour le 18 mai.



