Lourdes peines pour l'équipe de cambrioleurs de la Côte d'Azur
Lourdes peines pour cambrioleurs de la Côte d'Azur

Le tribunal correctionnel de Nice a condamné six prévenus à des peines de 5 à 8 ans de prison pour une série de cambriolages et tentatives sur la Côte d'Azur. Tous ont fait appel. L'affaire, jugée le 7 juillet 2026 lors d'une audience spéciale de douze heures, met en lumière un réseau structuré de malfaiteurs, dont un receleur présumé proche du grand banditisme.

Un an d'enquête pour démanteler le réseau

L'enquête débute le 7 juillet 2025, lorsqu'un touriste suédois porte plainte à Juan-les-Pins pour le vol de ses plaques d'immatriculation. Celles-ci sont retrouvées sur une Audi utilisée le même jour pour cambrioler une boutique d'antiquités à Monaco. Quatre malfrats étaient à bord. Le véhicule est rapidement localisé, et un document d'identité appartenant à Alioune Sambé, 30 ans, est découvert. Le service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ 06) ouvre une enquête.

Début 2026, les enquêteurs repèrent des repérages suspects près du centre d'entraînement de l'OGC Nice et de belles demeures à Roquebrune-Cap-Martin et Menton. Le parquet de Nice ouvre une enquête pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des faits de vol en bande organisée ». La division de la criminalité territoriale (DCT) et la brigade de recherches et d'intervention (BRI) identifient plusieurs suspects.

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Des écoutes téléphoniques révélatrices

Alioune Sambé est soupçonné d'être le pivot du groupe. Yann Leval, 26 ans, est présenté comme « l'apporteur d'affaires », et Salem Boubaiou, 25 ans, aurait participé aux repérages. « On va faire le marathon des cambriolages », lance Boubaiou à Sambé, ignorant qu'il est sur écoute. Le 6 février 2026, Sambé profite d'une baie vitrée ouverte pour cambrioler un appartement à Roquebrune-Cap-Martin, dérobant une montre Omega, des sacs Hermès et Dior pour un préjudice de 60 000 euros. Le 4 avril, un nouveau cambriolage dans une résidence cossue de la même commune permet de voler plusieurs montres et bracelets de valeur. Oualid Amahrouch, 41 ans, est suspecté d'avoir participé avec Sambé et Habib Ellili, 27 ans. Deux jours plus tôt, Ellili aurait tenté de s'introduire chez une septuagénaire à Nice-ouest en se faisant passer pour un technicien de la fibre. La retraitée, qui portait « full or » selon les écoutes, n'a pas ouvert.

Un receleur présumé proche du grand banditisme

Le 5 avril 2026, la police judiciaire interpelle Alioune Sambé sur un parking de Villeneuve-Loubet avec Frédéric Farade, 46 ans, à qui il aurait confié le butin. Farade, vivant entre Saint-Laurent-du-Var et Cannes, est considéré comme proche du grand banditisme. Son avocat, Me Paul Sollacaro, conteste : « Il n'a jamais été condamné dans une affaire de grand banditisme. » Pourtant, Farade détient la clé d'une Lamborghini et d'une montre Audemars Piguet, bien loin de ses revenus déclarés. Il est également mis en examen depuis 2022 par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille pour un trafic international de montres de luxe, avec plus de 150 montres saisies.

Des peines réduites par rapport aux réquisitions

Le procureur Céline Hortal avait requis 12 ans contre Sambé et 8 ans contre les autres. Le tribunal, présidé par Isabelle Demarbaix-Joando, a ramené les peines à 8 ans pour Sambé, 6 ans pour Ellili et Farade, et 5 ans pour Leval, Boubaiou et Amahrouch. Tous sont en récidive, sauf Leval. Seuls Sambé et Amahrouch reconnaissent un vol. La défense a critiqué la comparution immédiate et la déconnexion du volet suivi par le parquet de Grasse, mais n'a pas obtenu la nullité de la procédure. Le commissaire divisionnaire Eric Antonetti, chef du SIPJ, souligne : « Le receleur faisant le voleur, c'est très important de mettre hors d'état de nuire les filières de recel. » Les six prévenus attendent désormais un second procès en appel.

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