Éleveur condamné pour avoir jeté un poulain dans un trou : prison avec sursis
Éleveur condamné pour abandon d'un poulain dans un trou

Un éleveur de chevaux du Doubs a été condamné lundi 27 avril à une interdiction définitive d'exercer une profession en lien avec les animaux, après avoir jeté un poulain dans un trou, provoquant sa mort. L'information a été communiquée à l'AFP par l'avocate d'une partie civile.

Les faits : un poulain retrouvé ligoté dans un trou

Le 4 octobre 2025, au Russey, une petite commune du Doubs proche de la Suisse, les gendarmes ont découvert un poulain vivant dans un trou, respirant difficilement, avec les pattes arrière entravées par des liens. Malgré la prise en charge par les secours, l'animal est mort de déshydratation et d'hypothermie sévère.

L'éleveur, né en 1961, exploitant agricole élevant une quarantaine de chevaux, a été poursuivi pour sévices graves ou acte de cruauté envers un animal, mais finalement condamné pour abandon d'animal.

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Le jugement : prison avec sursis et interdictions

Le tribunal a prononcé une peine de trois mois de prison avec sursis, une interdiction définitive de détenir un animal et d'exercer une profession en lien avec les animaux. L'éleveur devra également verser 1 000 euros de dommages et intérêts à chacune des associations parties civiles, dont la Fondation Brigitte-Bardot.

Les explications de l'éleveur contestées

À l'audience du 23 mars, l'éleveur, qui s'est présenté seul, a reconnu les faits. Il a affirmé avoir cru que le poulain était mort et avoir choisi de le jeter plutôt que de l'emmener à l'équarrissage. Selon lui, le poulain avait « la mâchoire déformée » et « n'a fait que dépérir » après avoir été séparé de sa mère.

Ces explications n'ont pas convaincu les parties civiles. Christophe Gérard, avocat de plusieurs ONG de défense des animaux, a déclaré : « Je ne crois pas un instant aux explications de monsieur. Quand il décide de le placer dans le trou, pour lui, c'est “ah, bon débarras, ça y est, il est mort, je l'enterre“. Sauf qu'on n'en était pas tout à fait là ! »

La représentante du parquet, Solène Nonnier, a souligné son « incapacité à prendre les bonnes décisions et à s'occuper des animaux », estimant qu'il avait abandonné ce cheval pour éviter de payer des soins. Elle a requis et obtenu une condamnation pour abandon, plutôt que pour sévices graves.

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