Graham Arnold, 62 ans, a dirigé 17 matchs à la tête de l'Irak, avec un bilan de 9 victoires, 3 nuls et 5 défaites. Ce lundi soir, il affronte l'équipe de France en Coupe du monde. Ancien sélectionneur de l'Australie, il a mené les Socceroos en huitièmes de finale au Qatar en 2022 avant de relever un nouveau défi en Irak.
Un pari osé mais réfléchi
Jacques Faty, ex-défenseur de Sochaux et Rennes, a été entraîné par Arnold à Sydney en 2015-2016. Il décrit un homme « posé, intelligent », qui a pris un risque calculé en acceptant le poste irakien. « C'était un pari osé mais bien réfléchi de sa part, il n'est pas fou », sourit Faty. Arnold a redonné une structure aux Lions de Mésopotamie, marqués par des années de conflits, et les a qualifiés pour leur deuxième Mondial après des barrages tendus.
Un entraîneur carré et ordonné
« La base du jeu de Graham, ce sera le socle défensif, explique Faty. Il met vraiment l'accent dessus et il sait très bien étudier l'adversaire. Il est conscient que ça ne passera pas forcément par le jeu. » Avec Sydney, Arnold se montrait autoritaire mais savait motiver ses troupes. « Il savait ce qu'il voulait, même si ce n'était pas un fin tacticien comme (Francis) Gillot ou (Eric) Gerets que j'ai eus avant. Mais il savait motiver ses troupes et trouver la parade, comme avec l'Irak en amical contre l'Espagne (1-1) : ils ont su faire le dos rond et marquer derrière. »
Un homme aux multiples facettes
Malgré une image austère, Arnold est décrit comme un « bon vivant ». « Son discours m'avait plu et convaincu. Il a une voix un peu forte, un ton particulier avec son accent, image Faty. Mais c'est un mec très courtois, attachant. Moi il savait me parler. Avant chaque match il me disait : "Si tu es en forme on gagnera !" » Arnold aime aussi décompresser avec ses joueurs. « Il sait relativiser et te dire : "Allez, on va boire un verre !" Il est très ouvert, c'est un papa. Il te donne sa confiance rapidement, il ne faut simplement pas le trahir. »
Sosie vocal de Rocky Balboa
Amateur de bière, l'Australien a parfois une voix qui surprend. « Ça me faisait toujours rigoler quand il criait dans le vestiaire. Quand il gueule, il a vraiment la voix de Rocky Balboa (rire). Une fois j'ai souri quand il était énervé et il m'a dit : "Pourquoi tu rigoles toi ?" Et tout le vestiaire a rigolé d'un seul coup ! Mais au final, quand il a vu ça il a fini par en rire aussi… »
Ce lundi soir, les Bleus devront se méfier de cet entraîneur expérimenté, capable de surprendre par sa rigueur défensive et sa connaissance de l'adversaire.



