Les 120 dernières caravanes de gens du voyage installées sur le Grand Pré de Levens, dans l'arrière-pays niçois, ont définitivement quitté les lieux entre le samedi 1er et le dimanche 2 août 2026. Cette date correspondait à la prolongation de la réquisition préfectorale, obtenue après le départ partiel du 24 juillet. Le maire de la commune, Antoine Véran (UDR), a confirmé cette information à Nice-Matin, précisant que les caravanes se sont dirigées vers la Normandie et Bourg-en-Bresse (Ain).
Un départ en deux temps après un sursis
Initialement, 180 caravanes s'étaient installées sur le Grand Pré le lundi 6 juillet 2026, bénéficiant d'une réquisition préfectorale. La date butoir initiale était fixée au vendredi 24 juillet, mais seule une soixantaine de caravanes avait alors repris la route. Les occupants restants avaient justifié cette prolongation par la difficulté de rejoindre une étape dans le Var en raison des incendies en cours dans le département.
Le maire avait alors requis la force publique pour les déloger, mais la préfecture n'avait pas accordé son concours, invoquant un manque de moyens et surtout l'absence d'alternative dans les Alpes-Maritimes. La réquisition a donc été prolongée jusqu'au dimanche 2 août, permettant aux familles de rester quelques jours supplémentaires.
Un maire qui dénonce un manque de solidarité
Antoine Véran s'est exprimé sur ce départ, mêlant satisfaction et amertume : « Ils sont partis vers la Normandie et Bourg-en-Bresse [Ain]. Tout a été débarrassé et c'est propre. Nous avons entretenu de bonnes relations avec eux, même si je ne suis pas content que Levens soit toujours mobilisé. Ce n'est pas une question idéologique mais tout le monde se cherche toujours des alibis. »
Le maire a également annoncé son intention de rencontrer rapidement le nouveau préfet pour lui faire part de son mécontentement : « J'ai l'intention de rencontrer rapidement le nouveau préfet pour lui dire : c'est chacun son tour ! » Une manière de dénoncer le fait que sa commune, comme d'autres dans le département, doit régulièrement accueillir des gens du voyage, faute de solutions partagées.
La Fête du cheval a pu se tenir
Malgré cette occupation prolongée, la Fête du cheval, événement majeur de la commune, a pu se dérouler dans son intégralité le week-end suivant le 24 juillet, selon les informations de Nice-Matin. Les caravanes restantes n'ont pas entravé le déroulement de la manifestation, qui a attiré de nombreux visiteurs.
Cet épisode relance le débat sur le partage des aires d'accueil pour les gens du voyage dans les Alpes-Maritimes, comme le soulignait déjà un article de Nice-Matin en juillet. La commune de Levens, comme d'autres, se sent souvent « mise à contribution » sans que les autres collectivités ne prennent leur part, d'où la demande du maire pour une répartition plus équitable.



