Au deuxième jour du procès d'un vaste trafic de stupéfiants, le prévenu surnommé "le barbu", considéré comme le donneur d'ordre du réseau, a opposé un silence total aux questions du tribunal correctionnel d'Alès, ce mardi 11 août. Malgré un patrimoine immobilier de 13 biens et des revenus déclarés très modestes, il a déclaré : "Comme je vous ai dit, je garderai le silence jusqu'au bout."
Un prévenu au profil atypique
Dans le box des prévenus, trois hommes sont assis, pour ne pas dire affalés lors de l'audience ce mardi 11 août au tribunal correctionnel d'Alès. L'un d'eux, un Alésien de 42 ans, paraît même endormi, la tête reposant sur le bord du box. Mais dans ce deuxième jour du procès impliquant huit prévenus, dont trois en détention provisoire, un individu attire tous les regards. Surnommé "le barbu", il est vu comme le donneur d'ordre d'une vaste affaire de trafic de stupéfiants entre Ners (Gard), les Pays-Bas ou l'Espagne. Il est également accusé d'être le fomentateur d'un projet d'attentat en 2022.
Le président Vincent Edel a déroulé les éléments pointés par les enquêteurs au sujet de cet homme à la longue barbe grise. Ils ont effectivement découvert des ressources financières élevées, avec entre autres la possession de 13 biens immobiliers, des virements conséquents sur le compte de sa compagne, ou encore des liasses de billets pour un montant de 9 000 € ainsi que huit téléphones portables retrouvés lors d'une perquisition.
Des revenus modestes, un patrimoine important
Le magistrat s'est interrogé : "Comment expliquer un tel patrimoine alors que les revenus du couple sont très modestes ?" Le couple en question a cinq enfants à charge et perçoit des aides de la CAF. L'enquête sociale a également révélé que l'homme de 39 ans était, avant sa détention, employé au Smic dans une société de fabrication et pose de gouttières à Anduze. Celle-ci lui aurait fourni un véhicule de fonction, qui aurait par ailleurs été retrouvé lors de la vague d'interpellations en 2024.
Interrogé sur ces faits, le prévenu a répondu : "Comme je vous ai dit, je garderai le silence jusqu'au bout." Pas de surprise dans l'audience, car ce choix a été fait sur les conseils de ses avocats, Me Gonzague Perier et Me Katia Agher. Ces derniers plaideront la relaxe de leur client.
La compagne impliquée et le procès à suivre
La compagne du "barbu" est elle aussi impliquée dans l'affaire, mais sous contrôle judiciaire. Elle a donc comparu libre ce mardi après-midi. Le procès devrait encore durer jusqu'à la fin de la semaine.



