Langogne 1944 : l'incendie de trois maisons par l'occupant allemand
Langogne 1944 : trois maisons incendiées par les Allemands

Langogne, 15 juillet 1944 : les flammes de la répression allemande

Dans le contexte tendu de l'été 1944, la petite ville de Langogne, en Lozère, devient le théâtre d'un épisode tragique de l'Occupation. Le 15 juillet, les troupes allemandes, sur ordre de leurs officiers, mettent le feu à trois maisons en représailles d'événements survenus quelques jours plus tôt.

Un contexte explosif après la mutinerie des supplétifs arméniens

La situation se dégrade rapidement après le 12 juillet 1944. Ce jour-là, les supplétifs arméniens de l'Ost Légion, intégrés aux forces d'occupation, se mutinent et rejoignent les rangs de la Résistance. Cet événement rend les troupes allemandes particulièrement nerveuses. Elles parcourent alors Langogne à la recherche de réfractaires et de résistants, créant un climat de peur parmi la population.

Selon le témoignage du capitaine Meyer-Berge, qui commandait les renforts venus du Puy-en-Velay, un coup de feu aurait été tiré sur des véhicules militaires allemands circulant sur le boulevard Pétain, qui deviendra plus tard le boulevard de Gaulle. En réaction, l'officier allemand exige la livraison de dix otages. La tension monte d'un cran.

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La décision radicale du colonel Von Bassompierre

Dans l'après-midi du 15 juillet, le colonel Von Bassompierre, commandant des troupes allemandes stationnées à Mende, prend une décision radicale. Il ordonne l'incendie de trois maisons de Langogne, donnant un délai d'une heure aux occupants pour évacuer leurs biens. Cette mesure punitive vise à frapper la population et à dissuader toute action contre l'occupant.

Les trois bâtiments sacrifiés aux flammes

Le premier immeuble visé se situe au 9 boulevard Pétain. Il appartient à la famille Bélinay et abrite trois locataires ainsi que le bazar de la veuve Dumas. Le deuxième bâtiment, au 9 avenue Conturie, est la propriété de la famille Pagès. Le restaurateur Louis Olivier y est locataire. Enfin, le troisième immeuble, la maison voisine située au numéro 11 de la même avenue, est également ravagé par les flammes qui se propagent depuis le bâtiment adjacent.

Le bilan de cette opération punitive est lourd : quarante-trois personnes se retrouvent affectées, perdant leur logement, leur commerce ou leurs biens dans l'incendie. La population langonaise, incrédule, avait d'abord mis en doute la réalité de ce coup de feu sur les Allemands.

La révélation de Gérard Lutaud en 2023

Dans ses recherches approfondies sur l'histoire de Langogne pendant la Seconde Guerre mondiale, l'historien Gérard Lutaud a apporté un éclairage nouveau en juin 2023. Il a découvert que le tir sur les véhicules allemands avait bien eu lieu. Il provenait des greniers du collège des Frères, confirmant ainsi le récit des autorités d'occupation et donnant une explication à la violence de la répression.

Ces informations, précieuses pour la mémoire collective, sont issues de l'ouvrage de Gérard Lutaud intitulé Langogne et sa région au temps de la Résistance, tome I, publié en 2023 aux éditions Lacour. Elles rappellent combien l'été 1944 fut marqué par des actes de brutalité et de résistance dans les campagnes françaises.

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