Léa Daubelcour, 30 ans, est devenue la première femme à intégrer l'équipage du canot de sauvetage de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Sète depuis la création de la station en 1867. Originaire de Gravelines, dans le Nord, cette éducatrice sportive spécialisée en voile et kayak a rejoint l'équipe sétoise en septembre 2025, après avoir déjà été la première femme à servir à la station 276 de Gravelines Grand Fort Philippe.
Un parcours marqué par la passion de la mer
Léa Daubelcour a grandi à 50 mètres de la mer, mais aucun membre de sa famille ne pratiquait la navigation. Dès l'âge de 7 ans, elle a commencé à suivre des cours au pôle multinautique de Gravelines, où les moniteurs lui ont transmis leur passion. « J'aimais me retrouver dans cet espace immense et jouer avec les éléments », confie-t-elle. Elle a pratiqué le catamaran, l'optimist, la planche à voile et le char à voile, préférant les conditions difficiles à l'ennui. « Lorsque les conditions devenaient un peu difficiles avec de la houle, que les enfants se mettaient à hurler, moi j'en riais ! »
Elle a fait de sa passion un métier en devenant monitrice à la base de Gravelines, où elle a obtenu le Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS). Travaillant aujourd'hui comme monitrice pour KayakMed au pôle nautique du Môle à Sète, elle a rapidement souhaité mettre ses compétences au service des autres en rejoignant la SNSM.
Une première femme à Gravelines puis à Sète
À Gravelines, elle a été la première femme à intégrer l'équipage de la station 276. Elle y a découvert une « famille » soudée par des liens indéfectibles. « Je connaissais mon milieu géographique mais là j'ai tout appris sur le sauvetage en mer, la confiance qu'il faut pour pouvoir compter sur l'autre quand la météo devient compliquée et le même but désintéressé d'aller aider les autres », explique-t-elle. Les missions incluaient des opérations humanitaires liées à la crise migratoire, avec des embarcations transportant jusqu'à 80 personnes. « Avec la crise migratoire, il fallait être soudés », raconte-t-elle.
En 2024, elle a changé de cap pour s'installer à Sète sur un voilier avec son compagnon. Naturellement, elle s'est rapprochée de la SNSM locale. Le président Fabrice Armand lui a fait confiance, et depuis septembre 2025, elle fait partie de l'équipage. « L'accueil a été génial, on a été plusieurs nouveaux à arriver en même temps donc on apprend de nouvelles choses ensemble, c'est vraiment cool », dit-elle.
Une intégration réussie dans un nouvel environnement
À Sète, Léa Daubelcour apporte son expérience de la plaisance et découvre le canot tout temps, plus grand et plus rapide que la vedette de Gravelines. « C'est vraiment plus grand, on a plus de moyens à bord. Le canot va beaucoup plus vite que la vedette de Gravelines, et il y a clairement plus d'interventions ici, elles sont aussi plus diverses. Les phénomènes météo peuvent changer très rapidement en Méditerranée », observe-t-elle. Elle se réjouit d'apprendre aux côtés des marins professionnels et des pêcheurs, et les sauveteurs sétois l'ont déjà adoptée.



