Mercredi, après plus de cinq ans de dénégations, Cédric Jubillar a reconnu avoir commis « un acte abominable » et a guidé les enquêteurs à Mailhoc, où les restes de sa femme Delphine ont été découverts. Alors que son procès en appel devait s’ouvrir le 21 septembre à Toulouse, cette avancée rebat les cartes et fige le temps judiciaire.
Identification et autopsie des restes
Les premiers ossements, correspondant au bas du corps (dont deux fémurs), ont été acheminés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise. Les experts doivent confirmer scientifiquement qu’il s’agit bien de Delphine Jubillar via des analyses ADN et des examens anthropologiques. Parallèlement, une centaine de gendarmes ratissent la zone dans le Tarn pour retrouver le reste du squelette, potentiellement dispersé par des travaux agricoles.
Une fois l’identité validée, l’autopsie examinera chaque fragment osseux à la recherche de traumatismes (fractures crâniennes, lésions cervicales) pour déterminer les causes de la mort. Ce travail sera confronté aux déclarations de Cédric Jubillar, qui évoque un « passage à l’acte irréfléchi » lors d’un « débordement émotionnel très fort ». Ces analyses nécessiteront plusieurs semaines.
Nouvelles expertises et reconstitution
La découverte du corps et les aveux changent radicalement la donne. L’accusation reposait jusqu’ici sur un faisceau d’indices, sans preuve formelle. Selon son avocat, Me Pierre Debuisson, de nouveaux actes de procédure s’imposent : une mise à jour des expertises psychologiques et psychiatriques de Cédric Jubillar, et surtout une reconstitution criminelle.
Le magistrat instructeur devra ramener l’accusé à Cagnac-les-Mines, sur les lieux du crime, puis à Mailhoc, sur le site de l’enterrement. Cédric Jubillar devra mimer ses gestes face aux enquêteurs, magistrats et avocats des parties civiles pour vérifier la crédibilité de ses aveux. L’enjeu : déterminer s’il s’agit d’un meurtre aggravé (assassinat) ou de violences mortelles sans intention de donner la mort, une nuance qui pèsera sur la peine encourue.
Report inévitable du procès en appel
Face à ces nouvelles investigations, le maintien du calendrier initial est impossible. Les avocats de la défense et l’avocat des enfants du couple s’accordent à dire que la tenue du procès en appel le 21 septembre « n’est pas concevable ». Le parquet général devrait formaliser une demande de renvoi.
Le temps que les rapports de l’IRCGN soient versés au dossier, que la reconstitution soit finalisée et que les parties prennent connaissance de ces nouveaux éléments, le procès en appel est repoussé de plusieurs mois, vraisemblablement courant 2027. Ce délai est perçu comme un « soulagement » par les proches de l’infirmière. Pour la première fois en cinq ans et demi, le futur procès ne se fera plus sur la base d’une intime conviction spéculative, mais sur des preuves matérielles tangibles.



