Jeremstar jugé à Nîmes pour son intrusion anti-corrida dans les arènes
Jeremstar jugé pour intrusion anti-corrida à Nîmes

L'influenceur Jeremstar face à la justice pour son intrusion dans les arènes de Nîmes

Devant le tribunal correctionnel de Nîmes, l'influenceur Jeremstar, de son vrai nom Jérémy Gisclon, a assumé sans regret son action anti-corrida. Âgé de 39 ans et suivi par 2,5 millions de followers sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok, il a transformé sa comparution en tribune pour marteler ses positions contre la tauromachie.

Une audience sous tension entre soutiens et détracteurs

À l'extérieur du palais de justice, situé à proximité des arènes, plusieurs centaines de jeunes fans et de défenseurs de la cause animale ont accueilli Jeremstar. Certains brandissaient des banderoles contre les courses de taureaux, créant une atmosphère animée. L'influenceur lui-même arborait un t-shirt avec l'inscription « Torturer des taureaux est un crime », que la présidente du tribunal lui a demandé de retirer lors de l'audience.

Les faits reprochés et les réquisitions du parquet

Jeremstar est poursuivi pour avoir surgi au milieu de l'arène de Nîmes en septembre 2025, en pleine manifestation taurine, en brandissant un tissu portant l'inscription « F*CK la CORRIDA ». Il encourt jusqu'à un an de prison pour « entrée illégale dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition », selon l'article du code du sport invoqué. Le parquet a requis jeudi une amende de 5.000 à 6.000 euros, avec interdiction de fréquenter les arènes. Le jugement a été mis en délibéré au 9 juin.

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La défense de Jeremstar : dénoncer des spectacles barbares

Devant le tribunal, Jeremstar a expliqué que son action, organisée avec des associations, visait à « dénoncer ces spectacles barbares ». Il a précisé : « C'est moi qui ai décidé de sauter après la mise à mort du taureau, où le torero porte lâchement le coup final. Il n'y a pas eu de trouble de la compétition puisque le taureau était déjà mort ». Selon lui, la tauromachie est un spectacle « lâche » qui mérite d'être contesté.

Le cœur du débat juridique : la corrida est-elle une compétition sportive ?

Le tribunal doit principalement trancher si les spectacles tauromachiques peuvent être considérés comme des compétitions sportives, un point contesté par les anticorridas. Le procureur Frédéric Kocher a souligné dans son réquisitoire : « Il s'agit de savoir s'il y a une intrusion sur une aire de compétition dans une enceinte sportive, pas de prendre parti pour ou contre la corrida, pour ou contre la cause animale ». Pour le représentant du ministère public, la corrida est bien une « compétition contre un taureau et entre toreros », caractérisée par un affrontement et un rituel de mise à mort.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la tauromachie en France, opposant défenseurs des traditions et militants de la cause animale, avec Jeremstar comme figure médiatique centrale de ce débat.

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