Procès DZ Mafia : l'enquêtrice reprend sa déposition sous le feu des questions de la défense
Procès DZ Mafia : l'enquêtrice reprend sa déposition sous pression

Procès DZ Mafia : l'enquêtrice reprend sa déposition sous le feu des questions de la défense

Après avoir quitté l'audience de manière soudaine le 25 mars, la capitaine de police responsable de l'enquête sur le double homicide attribué à la DZ Mafia a finalement repris sa déposition ce jeudi. Cette reprise s'est faite sous la pression intense de la défense, dans le cadre du procès des meneurs présumés de ce réseau criminel. L'enquêtrice, dont le départ inopiné avait provoqué une fronde parmi les accusés, s'est justifiée en déclarant : « Je suis désolée, je n'étais plus en état de témoigner et plutôt que de faire un malaise publiquement… ». Le lendemain de son départ, elle avait adressé un arrêt de travail d'une semaine, ce qui avait conduit les accusés à refuser de comparaître jusqu'à son retour.

Une audience sous haute tension

La capitaine de police a repris le cours de sa déposition en visioconférence jeudi, en présence des cinq accusés et de l'ensemble des avocats de la défense. Le palais de justice était placé sous très haute sécurité pour l'occasion. Seul Amine Oualane, l'un des chefs présumés de la DZ Mafia, était présent physiquement ces deux derniers jours, tandis que les autres accusés étaient restés dans leurs cellules ou dans les geôles du tribunal.

Le déroulement des investigations contesté

La majeure partie de l'audience a été consacrée à un questionnement offensif de la défense sur les détails de l'enquête. Cette enquête avait permis de dessiner l'architecture de l'équipe criminelle accusée de l'assassinat, le 30 août 2019 dans un hôtel Formule 1, de Farid Tir, un narcotrafiquant marseillais, ainsi que d'un de ses amis. Pendant des heures, l'enquêtrice est restée « sur le grill », interrogée par des avocats déterminés à démontrer l'innocence des six accusés – dont l'un est jugé par défaut – et à réclamer leur acquittement.

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Les avocats ont dénoncé l'absence d'éléments matériels, les déductions sur la téléphonie remises en cause, et ce qu'ils ont qualifié de « failles béantes de l'enquête ». Leur principale cible reste Driss Oualane, un ancien trafiquant de drogue et témoin clé de ce dossier, qui avait renouvelé mardi ses accusations contre les hommes dans le box. Me Inès Médioune, avocate d'Amine Oualane, a questionné l'enquêtrice : « Pourquoi vous n'avez pas exploité la piste de Driss Oualane ? », notant qu'une simple homonymie existe entre les deux hommes. L'enquêtrice a répondu : « Tout ce qu'il a pu nous dire a pu être vérifié », ajoutant qu'« il n'y a aucun doute que Driss Oualane, qui a été travaillé comme un potentiel suspect, n'est pas impliqué dans le double assassinat ».

Une fin d'audience sous tension

La fin de la longue déposition de l'enquêtrice a été émaillée par de nouveaux incidents. La présidente a mis fin à la visioconférence alors que des avocats de la défense manifestaient leur souhait de poser une dernière série de questions. Au terme d'échanges vifs, la présidente a annoncé que la capitaine de police serait ultérieurement convoquée pour la troisième fois. Absente lors du témoignage du directeur d'enquête, la défense a réclamé qu'il soit de nouveau entendu. La décision devrait être rendue mardi à la reprise de l'audience. Le procès, qui doit durer jusqu'au 10 avril, continue de susciter des tensions et des interrogations sur la solidité des preuves et les méthodes d'investigation.

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