Baudouin, roi des Belges, prêt à tout pour empêcher l'IVG
Baudouin, roi des Belges, prêt à tout contre l'IVG

Le roi Baudouin de Belgique, souverain de 1951 à 1993, est resté dans les mémoires pour son opposition farouche à la dépénalisation de l'avortement. En 1990, alors que le Parlement belge s'apprêtait à voter une loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le roi a tout mis en œuvre pour empêcher son adoption. Ce combat, mené au nom de ses convictions catholiques, a plongé le pays dans une crise institutionnelle sans précédent.

Un roi face à ses convictions

Profondément croyant, Baudouin considérait l'avortement comme un crime moral. Dès les premières discussions parlementaires, il a multiplié les démarches discrètes pour convaincre les députés de rejeter le texte. Selon des archives récemment déclassifiées, il a rencontré en secret plusieurs chefs de parti, les exhortant à défendre la vie dès la conception. Il a même menacé d'abdiquer si la loi était adoptée, estimant qu'il ne pouvait, en conscience, la promulguer.

La crise de 1990

Le 29 mars 1990, la Chambre des représentants adopte la loi dépénalisant l'IVG sous certaines conditions. Baudouin, fidèle à sa parole, refuse de signer le texte. Pour contourner ce blocage, le gouvernement trouve une solution inédite : le roi est déclaré dans l'impossibilité de régner pendant 36 heures, le temps que le Conseil des ministres adopte la loi à sa place. Cette fiction juridique, unique dans l'histoire belge, permet à la loi d'entrer en vigueur sans la signature royale.

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Un héritage controversé

Cet épisode a profondément marqué la société belge. Pour les uns, Baudouin a défendu ses valeurs avec courage, au prix d'une crise institutionnelle. Pour les autres, il a outrepassé son rôle constitutionnel en imposant sa foi personnelle à une majorité démocratique. Aujourd'hui encore, la question de l'avortement reste sensible en Belgique, et le souvenir de ce roi obstiné refait surface à chaque débat sur le sujet.

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  • Le roi a consulté des théologiens pour justifier son opposition.
  • Des lettres échangées avec le pape Jean-Paul II montrent un soutien mutuel.
  • La loi de 1990 a été modifiée en 2018 pour allonger le délai légal.