Un procès poignant pour viol et agression sexuelle sur mineures en Charente-Maritime
Un homme de 47 ans, originaire de Charente-Maritime, est actuellement jugé devant la cour criminelle départementale de Saintes pour des faits particulièrement graves. Il doit répondre de viol sur sa belle-fille, alors âgée de 13 ans, et d'agression sexuelle sur une fillette de 9 ans, sœur de son ancienne compagne.
Le témoignage déchirant d'une adolescente devenue victime
Ce jeudi 2 avril, une adolescente de 16 ans a pris la parole devant la cour avec une détermination remarquable. « Je veux partir en études de droit pour devenir magistrate », a-t-elle confié, exprimant sa soif de justice après des années de souffrance.
Elle décrit son beau-père, qu'elle appelait « papa », comme son pilier après la perte de son père biologique. « Ce qu'il me faisait, pour moi c'était normal », a-t-elle déclaré, révélant l'emprise psychologique exercée sur elle.
Une escalade d'actes sexuels imposés
Les faits remontent à plusieurs années. À 11 ans, alors qu'elle dormait sur le canapé, elle a senti des doigts pénétrer son sexe. À 13 ans, son beau-père lui a imposé une pénétration digitale anale et lui a léché la poitrine.
Pire encore, il l'a poussée à sexualiser son comportement en lui offrant un string et un godemiché. Il lui a même proposé de prendre sa virginité contre 400 euros, une proposition à laquelle elle a failli céder sous la pression avant de dire non au dernier moment.
Un climat familial toxique et violent
La mère de la victime, alors en grande difficulté personnelle, a témoigné de l'atmosphère délétère qui régnait dans le foyer à Tonnay-Charente. « On était des zombies, moi et ma fille, on faisait tout ce qu'il voulait », a-t-elle affirmé.
Effondrée par la perte de son travail et tombée dans l'alcoolisme avec son compagnon, elle décrit un environnement marqué par des « violences quasi quotidiennes », confirmées par de nombreux hématomes relevés par un médecin.
Une deuxième victime se manifeste
L'homme est également accusé d'avoir agressé sexuellement une fillette de 9 ans en 2003, alors qu'il avait 25 ans. Cette victime, sœur de son ancienne compagne, a courageusement pris la parole devant la cour.
« J'ai toujours pensé que c'était moi la coupable. Quand j'ai appris qu'il y avait une autre victime, j'ai pensé qu'on mettrait sa parole en doute. Elle a eu le courage que je n'ai pas eu », a-t-elle déclaré, expliquant comment cette révélation l'a poussée à briser le silence après des années de culpabilité.
Le profil d'un prédateur manipulateur
La psychologue qui a expertisé la belle-fille a décrit un « chantage affectif pervers » ayant instauré une relation de dépendance absolue. « On est face à un prédateur pervers qui impose sans violence, mais par la pression, des gestes de plus en plus sexualisés », a-t-elle analysé.
Le mot « manipulateur » est revenu à plusieurs reprises dans les témoignages. L'homme, qui n'a jamais travaillé et vivait chez ses compagnes successives, nie toutes les accusations. Il prétend que le string et le sextoy ont été achetés à la demande de sa fille de 13 ans, qualifiant cela de « grosse bêtise ».
Une fin de procès attendue
L'accusé encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Il conteste fermement tous les faits qui lui sont reprochés, reconnaissant seulement quelques coups tout en rejetant la responsabilité. Le procès doit se poursuivre et s'achever ce vendredi, laissant la justice décider du sort de cet homme accusé d'avoir brisé la vie de deux jeunes filles.



