Un habitant de Saint-Ambroix, âgé de 43 ans, a comparu jeudi 18 juin devant le tribunal d'Alès pour des cambriolages commis dans un snack et un restaurant, dans la nuit du 16 au 17 juin. Cette audience intervient un mois jour pour jour après une précédente condamnation pour des faits similaires.
Un parcours judiciaire marqué par la récidive
Lors de l'audience de comparutions immédiates, le substitut du procureur, Quentin Larroque, a lancé : "Le retour !". Le prévenu, déjà condamné onze fois, avait échappé à la détention le 18 mai, malgré une peine de 18 mois de prison dont dix avec sursis probatoire, pour avoir cambriolé un restaurant et le local de la Croix-Rouge.
Identifié grâce à la vidéosurveillance et retrouvé caché sous son lit, il a expliqué avoir agi "pour avoir de l'argent. Pour la nourriture. Dans le restaurant, j'ai aussi pris de la viande…". Il a reconnu avoir bu, précisant que l'alcool lui donnait du courage : "Boire deux, trois verres, c'est con, ça me donne du courage […] À jeun, je ne ferais jamais ces conneries-là."
Un constat d'échec de la juridiction
Le président Vincent Edel a qualifié le prévenu de "délinquant de vols d'habitude", tandis que le parquet a estimé que la décision de mai était "un grand raté de la juridiction alésienne". Le procureur a requis deux ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt et la révocation du sursis, soulignant que "voler est son passe-temps favori" et qu'"il n'y a qu'une seule solution, c'est l'écarter de la société".
Notons que le parquet avait déjà mis à exécution la peine d'un an ferme prononcée le 18 mai, ce qui garantissait une incarcération immédiate quelle que soit la décision du tribunal.
La défense plaide pour des soins
Me Camille Monestier, avocate de la défense, a insisté sur l'addiction à l'alcool de son client, qu'elle considère comme "le moteur des faits". Elle a plaidé pour "des soins avant l'incarcération", décrivant un "dossier de misère". L'homme, sans ressources et nouvellement installé dans le Gard, a évoqué son état intérieur : "Monsieur le juge, en moi, c'est le bordel…"
Au final, le tribunal a condamné le quadragénaire à deux ans de prison ferme, avec mandat de dépôt. Le président a toutefois précisé que le sursis probatoire n'était pas révoqué, afin de "favoriser sa réinsertion". Il devra purger une peine totale de trois ans en maison d'arrêt, incluant la révocation du sursis simple de mai.



