Le tribunal correctionnel de Nîmes a prononcé une relaxe totale ce vendredi 10 juillet pour deux hommes suspectés d’avoir volontairement mis le feu à l’entreprise Bennes 30, située dans la zone artisanale de Milhaud. Les faits remontent au 18 avril dernier, mais les juges ont estimé que les preuves étaient insuffisantes pour établir leur culpabilité.
Des incendies récurrents sur le site
« Régulièrement, des feux se déclarent sur ce terrain », a rappelé le procureur Frédéric Kocher lors de l’audience. Bennes 30, propriété de Richard Perez, l’ex-roi des poubelles, a été touchée par plusieurs incendies ces dernières années. Un feu récent était parti de la société voisine, mais celui du 18 avril était au cœur des débats.
Les deux prévenus, un Arlésien de 51 ans et un homme de 27 ans, étaient poursuivis pour avoir allumé un incendie volontaire. Le plus âgé était également mis en cause pour un autre feu le 3 avril. Leur présence sur les lieux avait été relevée par des caméras de vidéosurveillance de l’entreprise voisine, quelques minutes avant le sinistre.
Des contestations et des failles dans l’enquête
Les deux hommes ont fermement nié les accusations. « J’étais venu voir si ma fille se trouvait là », a expliqué le quinquagénaire, précisant que le terrain était régulièrement occupé par des caravanes de gens du voyage, dont sa fille fait partie. Le plus jeune a affirmé habiter à 200 mètres et a rejeté l’idée d’avoir pris le risque de mettre le feu.
La défense a soulevé plusieurs difficultés. Me Dounia Hamchouch, avocate du plus jeune, a souligné que son client avait été confondu avec son demi-frère en raison d’une ressemblance frappante. « Et au départ, je rappelle que c’est son demi-frère qui était recherché. Mais parce qu’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau et parce que ce dernier affirme reconnaître Monsieur, c’est mon client que l’on retrouve aujourd’hui devant le tribunal », a-t-elle déclaré.
La qualité des images de vidéosurveillance a également été critiquée. « Et pour condamner, il faut déjà savoir si l’incendie était volontaire », a ajouté Me Marc Roux, avocat de l’aîné. Selon le rapport des pompiers, la thèse d’une défaillance électrique était privilégiée, mais la multiplication des incendies dans le secteur a poussé le maire à demander une enquête.
Des éléments à charge insuffisants
« C’est la seule raison qui explique leur présence devant le tribunal aujourd’hui », a insisté Me Hamchouch, dénonçant le peu d’éléments à charge. Me Roux a également pointé une moto aperçue sur la vidéo juste après les prévenus, sans qu’aucune investigation n’ait été menée. « Pourquoi on écarte cet élément ? », s’est-il interrogé.
Le procureur a tenté de démontrer une coïncidence troublante : les deux hommes, qui disaient ne pas se connaître, avaient échangé des appels téléphoniques deux jours après les faits. « J’ai prêté mon téléphone, ça se fait beaucoup entre gens du voyage », a rétorqué l’aîné. Cette réponse n’a pas convaincu le ministère public, qui a requis quatre à six mois de prison.
Mais après délibéré, le tribunal a relaxé les deux prévenus, faute d’éléments suffisants pour établir leur culpabilité. La décision met fin à plusieurs mois de procédure pour ces incendies qui continuaient de semer le doute.



