Une femme enceinte de 23 ans et ses deux enfants, âgés d'un et trois ans, sont décédés dimanche soir dans l'incendie de leur habitation de fortune à Koungou, dans le nord de Mayotte. L'incendie s'est déclaré vers 20 heures locales (19 heures à Paris) dans un banga, une case en tôle d'environ 50 m², selon le média local Mayotte La 1ère. Les pompiers ont maîtrisé les flammes, a indiqué ce lundi la gendarmerie.
Circonstances du drame
La mère, une ressortissante comorienne en situation irrégulière, vivait avec ses deux enfants dans cette habitation. Le père était absent au moment du drame. L'origine du feu reste indéterminée à ce stade, et une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l'incendie.
Les secours ont dû intervenir dans une zone difficile d'accès, ce qui a pu compliquer les opérations de sauvetage. Les pompiers sont parvenus à maîtriser les flammes, mais n'ont pas pu sauver les victimes.
Un habitat précaire toujours très présent
Ce drame intervient dans un département où l'habitat précaire reste particulièrement répandu. À Mayotte, les cases en tôle représentaient encore quatre logements sur dix début 2024, selon une enquête de l'Insee. Cette proportion est restée stable depuis près de trente ans, malgré les efforts de construction de logements sociaux.
L'enquête de l'Insee souligne que les habitants des logements en tôle sont souvent des adultes nés à l'étranger et des enfants nés à Mayotte. Ces habitations, souvent construites sans autorisation, présentent des risques importants en matière de sécurité incendie, notamment en raison de l'absence de systèmes de détection et d'issues de secours.
Mayotte, département le plus pauvre de France
Mayotte est le département le plus pauvre de France, avec un PIB par habitant nettement inférieur à la moyenne nationale. Selon l'Insee, la population s'élevait à 323 153 habitants au 1er janvier 2026. Environ la moitié de la population est de nationalité étrangère, en très grande majorité des Comoriens, souvent en situation irrégulière.
Cette situation socio-économique difficile explique en partie la persistance de l'habitat précaire. Les pouvoirs publics ont engagé des programmes de résorption des bidonvilles, mais le rythme de construction de logements sociaux reste insuffisant face à la demande. Ce drame relance la question de la sécurité des habitations en tôle et de la nécessité d'accélérer les politiques de logement dans le département.



