Publicité « On a failli mourir, j’ai sauvé deux habitants et je suis à la rue » : les voisins sinistrés du logement incendié dimanche à Cannes confient leur détresse. La situation est compliquée pour ces habitants sinistrés du 24 boulevard Vallombrosa à Cannes, ravagé par un incendie volontaire dimanche 14 juin 2026 au petit matin.
Billel, 26 ans, et son père Karim, 52 ans sont retournés dans leur petit logement dévasté par l’incendie de l’appartement voisin. Triste spectacle au 24 boulevard Vallombrosa à la façade noircie. Mines défaites, Karim R., 52 ans et son fils Billel, 26 ans, sont retournés dans leur studette dévastée. Dans ce logement de 15 m² où ils vivaient à trois, c’est le chaos total. Cuisine rongée de suie, sol détrempé, fatras de leurs biens ruinés dont le matelas, où dormait le fils cadet Mohamed, 21 ans. Leur chez eux est inhabitable.
Des dégâts colossaux
Les dégâts sont colossaux dans le petit immeuble ancien du 24 bd Vallombrosa, désormais sous arrêté municipal de péril. Dimanche 14 juin à l’aube, un violent incendie s’est déclaré dans le logement voisin, aujourd’hui réduit en cendres, imposant l’intervention d’importants moyens de secours. Soit une quarantaine de pompiers à l’œuvre. Par miracle, pas de blessé. Quatre habitants ont été sauvés du brasier grâce à l’arrivée rapide des soldats du feu. Mais pas seulement. « J’ai aidé deux voisins à descendre par la fenêtre. On est au premier étage, à environ 4 mètres » raconte Billel, encore sous le choc.
Car le pire a été évité de justesse dans cet immeuble ancien aux logements et aux occupants modestes. L’incendie est volontaire. C’est un acte criminel : un individu aurait arrosé les lieux d’essence avant de tout embraser. De source policière, un homme a été placé dimanche en garde à vue. Mais l’enquête toujours en cours devra déterminer les responsabilités de chacun et l’exact scénario de cette nuit de samedi.
« Des bruits de bagarre dans la nuit »
Plongeur à l’hôtel Marriott, le père de famille rembobine cette nuit d’enfer. « Je suis rentré du travail à 2 h 30 du matin. J’ai entendu qu’il y avait du monde dans le logement à côté. À 4 h 30, je suis réveillé par des cris, des menaces - « je veux mon argent » - et des bruits de bagarre, comme quelqu’un en train de tout casser. À 6 h 17, j’ai appelé la police. Mais peu après, on a toqué à la porte, il y avait des flammes partout », relate, encore choqué, le quinquagénaire qui sera évacué par la grande échelle des pompiers. Ce serait un des protagonistes de l’échauffourée voisine, peut-être sur fond de trafic de stupéfiants, qui serait sorti chercher de l’essence et aurait incendié les lieux.
« Je suis retourné dormir dans l’appartement »
Aujourd’hui, Billel est en colère. Il n’a plus de toit. Si les deux premières nuits, l’assurance a relogé père et fils à l’hôtel Esterel, les deux jeunes hommes n’ont plus de solution d’hébergement. « À partir de mardi 16 juin, mon assurance me reloge, moi seul, dans un hôtel, pour cinq nuits. Mais mes fils ? », s’inquiète le papa.
« On n’est pas des êtres humains, des Cannois, nous ? On a failli mourir et on n’a rien, glisse Billel. Je suis diabétique. Mardi soir, je suis retourné dormir dans l’appartement sinistré, sinon, c’est la rue. Mon petit frère a dormi dans la voiture. J’ai sollicité la mairie et le CCAS, sans réponse… »
Sans eau ni électricité
La situation est également compliquée pour les habitants du second étage. Depuis dimanche, jour du sinistre, une dame de 72 ans vit sans eau ni électricité, car tous les réseaux de l’immeuble ont brûlé. Son fils aussi habitait là : « Je vais devoir louer un logement sur Airbnb et prendre ma mère avec moi. »
Un arrêté d’interdiction d’habiter pris par la mairie. Au regard de l’absence d’eau et d’électricité dans l’immeuble, la Ville de Cannes a pris ce mercredi un arrêté d’interdiction d’habiter. Il appartient désormais au propriétaire de prendre en charge le relogement des locataires. « Si celui-ci ne devait pas satisfaire à cette obligation, la Ville, par l’intermédiaire de son CCAS, se substituerait à lui afin d’assurer le relogement des occupants. Les frais engagés seraient alors mis à la charge du propriétaire ». La Ville précise que « l’immeuble, composé de six studettes, a été entièrement évacué après l’incendie, seuls trois logements étaient occupés au moment du sinistre. Le propriétaire a indiqué que le bail délivré à chacun des locataires ne prévoyait qu’une seule personne par appartement ». La Ville a contacté le propriétaire de l’immeuble et effectué plusieurs visites sur site « afin de s’assurer que les occupants étaient bien pris en charge par leur assurance ou par le propriétaire, et que les expertises ainsi que les travaux nécessaires à la remise en état du bâtiment étaient bien engagés ». Si c’est l’assurance habitation de chaque occupant qui est chargée du relogement, et non la municipalité, la ville de Cannes s’est mobilisée dans l’urgence pour accompagner les personnes les plus fragiles. « Nous avons accueilli deux occupants au centre Lycklama dès la première nuit ».



