Hôtel de ville de Limoges incendié : une « catastrophe patrimoniale »
Hôtel de ville de Limoges incendié : catastrophe patrimoniale

L’hôtel de ville de Limoges, principal édifice du pouvoir municipal, a été incendié samedi 18 octobre 2026 par des individus radicaux en marge de la mobilisation contre la vie chère. Le bâtiment est « très lourdement endommagé » et « en grande partie perdu », ont estimé dans la soirée le maire de la commune, Guillaume Guérin (LR), et le préfet de Haute-Vienne, Maurice Barate, lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de la métropole.

Un édifice historique ravagé par les flammes

« Le toit s’est effondré sur les étages inférieurs, sauf dans l’aile ouest, et les deux tiers de la façade ont déjà disparu », a déclaré le représentant de l’État, évoquant une « catastrophe patrimoniale » et dénonçant un « acte volontaire de casseurs, pas de manifestants ». Le beffroi, élément emblématique de l’édifice inauguré en 1883 et dont l’architecture s’inspire de l’hôtel de Ville de Paris, s’est également effondré, a précisé le maire, très ému.

« Le beffroi s’est effondré tout à l’heure, donc la mairie est très très lourdement endommagée », a complété Guillaume Guérin. Sur place, des centaines de personnes assistaient, entre colère et désarroi, au spectacle du brasier. Une employée de la mairie, en pleurs, était réconfortée par une élue. Aucun blessé n’est toutefois à déplorer parmi les personnes présentes dans le bâtiment, selon le préfet.

Des violences en marge d’une manifestation de 5 000 personnes

Environ 5 000 personnes, dont plusieurs centaines d’individus « radicalisés et extrêmement violents » selon le préfet, ont participé à la manifestation organisée dans le cadre de la journée nationale de mobilisation contre la vie chère. De premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l’ordre, qui ont fait face à « une pluie de projectiles » aux abords de l’autoroute que la foule cherchait à investir. « Des automobilistes ont été pris à partie, un pare-brise cassé », a détaillé Maurice Barate.

La mairie a ensuite été prise pour cible : des individus ont brisé des vitres pour s’introduire à l’intérieur et mettre le feu, avant de s’attaquer à la préfecture, tandis que « des pillards d’opportunité » s’en prenaient à des commerces du centre-ville. Quatre voitures de la police nationale et deux de la police municipale ont été brûlées ou fortement endommagées lors de ces violences.

Le maire dénonce des « gens très méthodiques »

« Les policiers nationaux n’avaient plus suffisamment de moyens de désencerclement, ils n’avaient plus la capacité de contenir le millier de fous furieux, anarchos, d’ultragauche, de nervis sur les boulevards », a fustigé Guillaume Guérin. Selon le maire, des policiers municipaux ont réussi à s’extraire de la mairie « au moment où ces barbares sont rentrés en leur expliquant qu’ils allaient les tuer […] ce sont les termes qui ont été utilisés ce soir ». « Il y a des responsabilités qu’il faudra aller chercher mais en tout cas elles ne sont pas du côté des policiers. »

« Ce n’est pas de la bêtise, c’est de la haine, c’est de la haine du drapeau français […] C’est la haine des institutions, c’est la haine des proviseurs de lycées, c’est la haine des flics, c’est la haine des élus, c’est la haine de tout ce qui incarne l’autorité. Ce n’est pas des petits délinquants qui ont fait ça, ce sont des gens très méthodiques », a martelé l’édile.

Le préfet a souligné que le feu a été allumé « dans un bâtiment dans lequel se trouvaient des personnes, des élus, des policiers municipaux et des agents dans les services », précisant qu’aucun n’a été blessé. La Ville de Limoges a réagi sur X (Twitter) : « Ce soir, notre hôtel de ville a été la cible des flammes. Comme chacun d’entre vous, j’ai vu avec effroi brûler ce lieu qui appartient à toutes les Limougeaudes et à tous les Limougeauds. » L’enquête devra déterminer les responsabilités, tandis que la commune devra évaluer l’ampleur des dégâts et le coût de la reconstruction.