Procès à Grasse : il refuse de reconnaître sa responsabilité après avoir poignardé son ex
Grasse : il poignarde son ex mais nie sa responsabilité

« Taisez-vous ! Taisez-vous ! » La procureur Émilie Taligault n’a pu retenir son agacement. Face à elle, dans le box vitré, le prévenu fait craquer ses doigts, tente d’interrompre le tribunal. « Vous avez une mauvaise vision, lance-t-il à la présidente du tribunal Pascale Cina. Vous avez la vision du juge… Mais il y a la vision de la vérité. »

Des faits d'une extrême violence

La magistrate continue, imperturbable, à énoncer les faits de violences conjugales qui remontent au 26 juillet 2024. Ce soir-là, le couple qui cohabite depuis quatre mois et demi sort en discothèque. Mais la soirée dégénère et l'homme demande à sa compagne de récupérer ses affaires à leur domicile à Cannes. Quand elle sonne à la porte, elle est accueillie par son conjoint armé d'une arme blanche. « Une lame de 10 à 15 cm avec une pointe recourbée », décrit la présidente du tribunal. Elle montre à ses assesseurs les clichés des entailles dans le mur. La victime s'en est miraculeusement sortie avec un pouce sectionné. Elle a prévenu les forces de l'ordre depuis l'hôpital. Pendant ce temps, lui nettoie les marques de sang dans les parties communes de l'immeuble et dépose le couteau dans un de ses véhicules.

Le couple s'était formé très rapidement. « Trois jours après notre rencontre, elle est venue habiter chez moi », raconte le prévenu qui explique avoir tout fait pour sa compagne. Jusqu'à cette nuit violente.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un prévenu dans le déni total

Dans le box, le prévenu s'agite, lève le doigt, déclare souvent d'un ton péremptoire : « On y reviendra plus tard », comme s'il menait la danse. S'il a accueilli sa compagne avec une bombe lacrymogène et un couteau ce soir-là, c'est parce qu'elle avait menacé de venir avec un ami, un certain Eli. « Vous avez vu Eli ?, interroge-t-il le tribunal. 2 mètres 15 et 116 kilos. » La juge l'arrête : « Il suffisait de ne pas ouvrir la porte si vous aviez peur et l'histoire se serait arrêtée là. »

Dans le box, l'homme répète : « Ce sont les premiers faits de violence de toute ma vie, deux jours d'interruption temporaire de travail (ITT) et ça fait 24 mois que je suis en détention provisoire ». Et vante ses anciennes relations sans histoires. La juge observe un silence : « Je ne sais pas si vous réalisez l'impact dévastateur de votre discours… Vous ne critiquez pas votre comportement au prétexte que vous avez été un homme prévenant dans vos autres couples… »

L'homme, qui a révoqué son avocat depuis, tente encore d'en placer une juste avant les réquisitions du ministère public qui coupe court à ses argumentations. « Ce sont des faits d'une extrême gravité, toutes les alertes sont au rouge. Vous passez à côté de ce dossier, voici ce qu'il dit à la justice ! », constate la procureur avant de requérir 5 ans d'emprisonnement avec un maintien en détention. « 5 ans ? s'insurge le prévenu. Pour deux ITT et un geste violent, c'est disproportionné. » Le tribunal l'a finalement condamné à quatre ans de prison ferme avec un maintien en détention.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale