Gérald Marie, ancien dirigeant de l'agence de top models Elite, est désormais visé par six plaintes pour viols et traite d'êtres humains. Ces accusations, révélées par des sources judiciaires, impliquent des faits présumés commis entre les années 1980 et 2000.
Des accusations multiples
Selon les informations obtenues par Le Monde, les plaintes émanent de six femmes, dont certaines étaient mannequins au moment des faits. Elles accusent Gérald Marie de viols et de traite d'êtres humains, en France et à l'étranger. L'une des plaignantes, l'ex-mannequin américaine Carré Otis, avait déjà porté plainte en 2020 pour viol, mais l'affaire avait été classée sans suite.
Une enquête en cours
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire en juin 2021, confiée à la Brigade de répression du proxénétisme. Les investigations portent sur des faits de viols, d'agressions sexuelles et de traite d'êtres humains. Gérald Marie, qui réside actuellement dans le sud de la France, a été entendu par les enquêteurs en février 2022. Il conteste les accusations.
Un contexte de révélations
Ces plaintes s'inscrivent dans le sillage du mouvement #MeToo, qui a vu de nombreuses victimes d'agressions sexuelles dans le milieu de la mode prendre la parole. L'agence Elite, fondée dans les années 1970, a été un tremplin pour de nombreux mannequins célèbres, mais aussi le théâtre d'accusations de harcèlement et d'abus. Une enquête de la BBC en 2020 avait déjà mis en lumière des pratiques douteuses.
Réactions et conséquences
Les avocats des plaignantes se félicitent de l'ouverture de cette enquête, espérant que la lumière sera faite sur ces affaires. Me Anne-Claire Lejeune, avocate de trois des plaignantes, a déclaré : "Ces femmes ont attendu longtemps pour être entendues. Il est temps que la justice reconnaisse leur souffrance." De son côté, la défense de Gérald Marie plaide pour la présomption d'innocence et dénonce une "chasse aux sorcières".
L'affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur l'industrie de la mode, déjà ébranlée par plusieurs scandales. Des voix s'élèvent pour réclamer une meilleure protection des mannequins, souvent jeunes et vulnérables. Une association de défense des droits des mannequins a appelé à une régulation plus stricte des agences.



