Christophe Gleizes condamné en Algérie pour apologie du terrorisme
Gleizes condamné en Algérie pour apologie du terrorisme

Le ressortissant français Christophe Gleizes a été condamné dimanche 29 juin 2025 par le tribunal criminel de Blida, en Algérie, à cinq ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme ». La peine, prononcée à l'issue d'un procès à huis clos, a été confirmée par son avocat, Me Khaled Boudiaf, joint par l'AFP. Ce jugement intervient après plusieurs mois de détention provisoire et ravive les tensions diplomatiques entre Paris et Alger.

Un séjour touristique qui tourne au drame

Christophe Gleizes, âgé de 58 ans, avait été interpellé en mars 2025 à l'aéroport d'Alger alors qu'il s'apprêtait à quitter le territoire algérien. Selon des sources proches du dossier, il était en visite touristique dans la région de Kabylie, où il possédait des attaches familiales. Son arrestation avait été justifiée par des publications sur les réseaux sociaux jugées « glorifiant des actes terroristes » par les autorités algériennes, sans que le contenu exact n'ait été officiellement divulgué.

Durant l'audience, qui s'est tenue dans des conditions sécuritaires renforcées, le procureur avait requis huit ans de réclusion. La défense a plaidé l'absence d'intention délictuelle, évoquant des « propos sortis de leur contexte » et un « malentendu culturel ». Malgré ces arguments, le tribunal a suivi une logique répressive, s'appuyant sur l'article 87 bis du code pénal algérien qui réprime l'apologie du terrorisme.

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Un précédent judiciaire à hauts risques

Cette condamnation s'inscrit dans une série d'affaires similaires ayant visé des étrangers en Algérie. En 2023, un Franco-Algérien avait été condamné à trois ans de prison pour des faits comparables, avant d'être gracié après une intervention diplomatique. Pour Me Boudiaf, « la procédure a été expéditive et n'a pas respecté les droits de la défense dans leur intégralité ». Il a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel, estimant que « les preuves matérielles sont inexistantes ».

Le Quai d'Orsay a réagi sobrement, indiquant que « la France suit avec une grande attention la situation de notre compatriote et demeure mobilisée pour garantir ses droits et sa protection consulaire ». Les services consulaires français se sont rendus à la prison de Blida à plusieurs reprises, mais n'ont pas obtenu de dérogation pour assister aux débats.

Un contentieux diplomatique plus large

Cette affaire intervient dans un contexte de relations bilatérales déjà tendues entre Paris et Alger, marquées par des divergences sur la question migratoire, la mémoire coloniale et la coopération sécuritaire. En avril dernier, le président Emmanuel Macron avait évoqué une « reprise en main » des relations, mais les incidents judiciaires comme celui-ci compliquent la feuille de route.

Selon une source diplomatique française, « des discussions discrètes ont eu lieu en coulisses pour obtenir une libération avant le procès, sans succès ». La condamnation de Christophe Gleizes pourrait désormais être utilisée comme levier dans les négociations sur les accords de réadmission des ressortissants algériens en situation irrégulière, un dossier sensible pour l'exécutif français.

Une détention qui interroge

L'avocat de Christophe Gleizes a également dénoncé les conditions de détention de son client, affirmant qu'il « subit un isolement prolongé et des pressions psychologiques ». Des ONG de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, ont appelé à sa libération immédiate, évoquant une « instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

Dans l'attente de l'appel, Christophe Gleizes reste incarcéré à la prison de Blida. Sa famille, résidant en France, a lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 20 000 signatures. « Nous espérons que la raison l'emportera et que la France agira avec fermeté », a déclaré son frère, Jean-Pierre Gleizes, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Cette affaire illustre les risques encourus par les voyageurs français en Algérie, où la législation antiterroriste est particulièrement sévère. Les autorités consulaires recommandent désormais une « vigilance accrue » sur les réseaux sociaux pour tout ressortissant français se rendant dans le pays.

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